Patterns in the Ivy

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Vienne

B.O.

Pour Vienne bien sûr, il y a l'embarras du choix niveau musique d'ambiance... Alors plutôt que de me creuser la tête, voilà du beau et consensuel, qui correspond bien à l'atmosphère douce qu'il y avait là-bas en ce tout début septembre.


Johannes Brahms - Symphonie No.3, III.Poco Allegretto

Et oui je sais, Brahms était Allemand, mais ce morceau a été créé à Vienne, et puis bon un peu tous les musiciens de cette époque avait le plug-in Viennois auto-installé.

Allez, ce billet a trop longtemps traîné dans mes brouillons, je lui fais un sort. Et puis ça me fera du bien de me rappeler la chaleur et la quiétude d'esprit des 3 jours que j'ai passés là-bas.

Bon, de toute façon je vais faire un peu le flemmard, en me contentant d'un peu plus de photos et d'un peu moins de texte que mes billets précédents sur Prague, Bratislava et Budapest. Mais ce n'est pas qu'à cause de la paresse. J'ai juste l'impression que malgré tous mes efforts, je n'arriverais pas à retranscrire l'ambiance de la ville comme je l'ai ressentie. Vienne était ma dernière étape, et la ville que j'ai préférée. 2 heures après mon arrivée, j'avais déjà regretté de ne pas avoir interverti la durée de mon séjour avec celle plus longue passée Budapest, où le dernier jour avait été difficile.

Peut-être est-ce justement par contraste avec mon coup de déprime dans la capitale hongroise que j'ai tant apprécié l'autrichienne. Ou alors mon côté peu aventureux qui s'est exprimé, se sentant plus à l'aise dans une ville à l'atmosphère clairement d'Europe de l'Ouest, dans un pays dont je comprends quelques phrases (quand je fais un effort :P). Ou encore, c'est parce que je sentais la fin du séjour arriver, et avec elle l'urgence de profiter à fond des dernières heures à l'étranger. Oui, il y a peut-être tous ces facteurs personnels qui ont joué, en plus de la ville elle-même, pour me faire tant aimer les moments passés là-bas. En tout cas, c'est clairement pas grâce à mes rencontres : alors que j'avais été plutôt grégaire dans les autres villes, j'ai pas parlé à une seule personne à Vienne, en dehors des "hello / bye / danke schön, etc.". Mais après tout, une expérience s'apprécie avant tout à l'aune des sentiments qu'on a éprouvés, pas la peine d'en chercher les raisons pendant des heures... Et c'était simplement les jours les plus insouciants que j'avais passés (et que j'ai passés) depuis des mois, légèrement devant les meilleures heures de Prague.

La ville dégage à la fois une impression de calme, de grandeur, de modernité, de propreté et de dynamisme. On est entouré, dans le centre du moins, par des merveilles innombrables, mais rien ne parait écrasant. Le passé artistique monumental est évident partout, mais il se fond avec harmonie dans le moderne. C'est vraiment difficile à décrire... c'est comme si on pouvait croiser à tout moment Mozart ou Klimt dans le métro, en jeans, se rendant dans l'un des nombreux endroits underground genre Berlin, l'un trimballant une guitare électrique, l'autre des bombes de peinture :) Je trouve pas comment le dire autrement, j'ai trouvé ça alchimique. Et même, le reste de la ville, hors du centre, est super sympa. Alors ok on sent bien que c'est une ville riche, mais aussi les gens semblent vraiment cools et gentils. Bref, Vienne, faut y aller, sérieux !

Bon, j'arrête les descriptions fastidieuses, et je cite juste quelques-uns des petits plaisirs qui ont rempli ces 3 jours :

  • Visiter plein de musées. Ils sont vraiment super dans cette ville, je me suis jamais ennuyé et pourtant j'en ai fait quelques-uns. Souvent pas énormes, mais des collections super classes et présentées de façon moderne et agréable. Je sais maintenant que c'est comme ça que j'aime les musées. (Albertina : miam. Leopold : re-miam, surtout en sortant de l'exposition "Punk" du musée d'à côté, dans le génial Museumsquartier)
  • Manger un strudel accompagné d'un café viennois dans une superbe salle à la déco fin de siècle (l'avant-dernier :P), juste en face de la petite église baroque où le Requiem de Mozart a été joué pour la première fois.
  • Aller jusqu'au "château de Sissi", pour... faire le con avec les écureuils du parc. Le château et le parc pour le coup sont vraiment rasoirs, style un Versailles en plus petit, plus moche et plus ennuyeux (peut-être pas dedans mais je suis pas rentré). Mais ça fait un prétexte pour se balader un peu en dehors du centre et avoir une vue sympa sur la ville.
  • Aller admirer le bâtiment Secession. Même s'il était fermé le soir, c'est le premier truc que j'ai fait après m'être posé à l'auberge. J'y suis retourné le lendemain matin, sachant très bien ce que j'allais y trouver au sous-sol. La Frise Beethoven de Klimt, dans ses murs d'origine. Ca fait quelque chose... Comble du "je me la pète dans ma tête", l'apprécier avec la 9e symphonie sur les oreilles, choc artistique garanti ;) Après, c'était plutôt cool de voir que le reste du bâtiment continue à servir son but d'origine, à savoir exposer des artistes d'avant-garde. Sauf que j'ai vite déchanté en découvrant l'horreur d'expo qu'il y avait à ce moment-là... Ce qui fait forcément se poser des questions. Notamment "est-ce qu'il y a un siècle et quelque j'aurais eu la même réaction de rejet en voyant les travaux des premiers artistes de la Secession ?"...
  • Aller à l'opéra. Non je déconne, ça j'ai pas fait :(. J'imagine qu'il aurait fallu réserver un an à l'avance... Mais bon, tout l'été il y a des projections publiques d'opéras ou de ballets sur la place de l'hotel de ville, et ça j'ai fait. Plein de monde, ambiance sympa, entre stands de vins/saucisses et entrechats sur la Belle au Bois-Dormant de Tchaïkovsky. Mais pas de bol, le seul orage de mes vacances a eu lieu ce soir-là. Projection interrompue, grosse panique, trempé en 5 minutes ;)

Une petite dernière photo, spéciale pour Mitt. Même si je sais que sans y être allée elle est déjà amoureuse de la ville entière...

Bon, finalement j'en parlé autant que pour les autres villes :P

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Moi, en vrac

[Attention, post long, chiant et geignard]

J'avais déjà remarqué que l'état de délabrement que ce blog connait périodiquement (genre là depuis un mois) faisait ressortir des vieux réflexes de remplissage quasi pré-loïclemeuresques. Notamment, le pathétique "c'est blogable", appliqué mentalement à toute tranche de vie un peu fofolle ou inhabituelle. Attention, j'ai pas dit "intéressante". D'ailleurs, si j'étais capable d'écrire quoi que ce soit sans en mettre des tartines, j'aurais plutôt dit "c'est twittable", ça aurait suffi... Mais bon, la lecture chez Gabrielle d'une anecdote de supermarché m'est apparue comme un signe que je n'avais pas à rougir de commencer un billet en racontant la mienne...

C'était à la caisse d'un Monop', où j'étais passé en vitesse choper une bouteille et une pizza pour pas arriver les mains vides à une soirée. Samedi soir, 19h30, toutes les caisses blindées, bien sûr. Et la mienne avance nettement moins vite que les autres (bien sûr)... Mais non, revenez, ce n'est pas une simple histoire d'emmerdement maximum ! Bref, ça finit tout de même par se décoincer et avancer, non sans me donner largement le temps de préparer consciencieusement un billet et quelques pièces, espérant ainsi accélérer le schmilblick quand ce serait mon tour, et montrer à mes semblables que je pense avant tout au bien-être de la communauté. Si si, limite je me préparais à recevoir des fleurs pour la diligence de ma prestation. Le moment approche... "Bonjour". "'jour". "blip !...". "blip !...". Voilà, je tends fièrement ma monnaie, et là, au lieu de l'admiration que j'attendais, la caissière me regarde d'un air gentiment réprobateur. "Ah non monsieur, là c'est une caisse seulement carte bleue"... Bam ! Je suis déstabilisé quelques secondes, je bafouille une excuse, que j'avais pas vu, tout ça... et je lui demande ce qu'on fait, si je dois vraiment me retaper la queue, qui depuis s'est allongée (rhooo...). Elle me dit que si c'est possible je peux m'arranger avec la personne suivante. L'intelligence et la rapidité de cette proposition me laisse pantois, désarmé pour quelques secondes de plus, pendant que mon cerveau qui s'était juste mis en mode "veau qui fait ses courses" tente vainement d'en démêler toutes les ramifications... Pédagogue, comme quelqu'un qui passe sa journée à résoudre ce genre de menus problèmes, la caissière m'explique : "Oui, si vous avez la monnaie, vous pouvez la donner à la personne derrière vous, qui paiera à votre place". Ah ouééééé. D'un sourire un peu indulgent, le gars qui suit m'indique que c'est ok. En être supérieur, il a tout de suite compris la situation. (Je saisis au passage l'air railleur des gens derrières. Autant pour les fleurs...) Bref, c'est entendu, on fait ça. Fouillant dans mon porte-monnaie, je rassemble la somme exacte, et je la tends au gars, avec des remerciements débiles et exagérés, comme j'en ai vu faire seulement dans les mangas par des adolescentes hystériques qui crient "Arigatô" de leurs voix pointues. Mais c'est pas fini... Là, au lieu de partir, je reste planté comme un con, à attendre je ne sais quoi, comme si mon sauveur devait encore me libérer de quelque chose. C'est la caissière qui me dit "Vous pouvez y aller, monsieur. N'oubliez pas vos achats." À ces mots, quelque chose en moi, un neurone sûrement, semble se réveiller, peut-être à l'idée alléchante de quitter enfin ce lieu, temple de ma ridiculisation... On passera sur la tête des clients de la file quand je suis parti. Mais c'est seulement 2 heures plus tard que j'ai compris que j'étais vraiment à 5000 bornes à ce moment, quand j'ai réalisé que, bien entendu, ma carte bleue était sagement rangée dans mon portefeuille à côté de mon liquide >_<

Voilà. Tout ça pour montrer à quel point je suis à côté de mes pompes en ce moment... Ou que je manque de pratique en ce qui concerne les courses. Mais ceci revient strictement au même, car quand ça va pas terrible, j'ai tendance à me laisser aller, et quand je me laisse aller, le premier truc qui en pâtit c'est la bouffe et assimilé. Je tiens deux semaines sans faire les courses, je ne fais plus la vaisselle, je me nourris de fromage sur du pain de mie et de clémentines, au mieux de nouilles chinoises, au pire de bière quand je ne suis pas chez moi. Bref, c'est pas folichon... Heureusement qu'il y a la bonne cantine le midi pour compléter mes 5 fruits et légumes par jour ! Je me demande d'ailleurs si c'est pour ça qu'en ce moment j'aime bien aller au boulot, et que je redoute les week-ends...

Merde, je l'ai dit... Ouais, faut être tombé bien bas, non ? Il y a deux mois j'aurais vendu un rein pour deux semaines de vacances (bon, finalement, j'ai juste eu à poser des congés), alors que maintenant, je vois arriver les vendredis avec moins de soulagement que d'appréhension. Et pourtant, le boulot est chaud en ce moment, et certains collègues me font grave chier. C'est juste que... j'arrive pas à remplir mes week-ends. Je me retrouve trop souvent tout seul comme un con, avec toujours les mêmes pensées obsédantes en tête, à tourner en rond ou à glander sur mon PC, en ressentant douloureusement le temps qui passe. Trop lentement au niveau micro. Trop vite au niveau macro.

Oui oui, je sais, faut que je me change les idées, que je me bouge le cul... Mais faut pas croire, j'essaye. Je sors, je marche, je me fixe plein d'objectifs à faire, et mine de rien j'en remplis quelques-uns. Yeah, j'ai trouvé un cadeau d'anniversaire pour une copine... Yeah, j'ai bricolé des étagères pour chez moi... Yeah, 4h de roller ce dimanche... Mais non, y'a rien qui me satisfait. Ce sont des courts instants d'évasion, de plaisir de la chose accomplie, mais l'instant d'après je vois en creux tous les trucs que je n'arrive pas à faire. Tous les trous menaçants dans mon emploi du temps des jours qui viennent. Toutes ces relations qui s'effilochent et celles qui pourraient peut-être démarrer si j'avais un peu confiance en moi... Ces billets qui traînent dans les brouillons de Dotclear, ce plug-in que je devais triturer. Le chapelet de post-its qui constituent "The Great Mighty To-Draw List", collé devant moi à hauteur d'yeux, qui ne fait que s'allonger. Ces fringues qu'il faudrait racheter si seulement tout ne me paraissait pas si laid en ce moment... (D'ailleurs, pendant que j'y suis, message perso à deux ou trois personnes qui se reconnaitraient facilement si elles me lisaient : je sais que ça part d'une bonne intention, mais ne me dites pas qu'il faut que j'arrête de "m'habiller comme un ado". D'une part, c'est pas le cas, à moins que du noir et deux ou trois t-shirts originaux pour vous ça évoque forcément un teenager boutonneux. D'autre part, c'est pas parce que vous avez mal digéré votre propre coinçage dans un moule social étriqué qu'il faut venir me casser les burnes. Merci.)

Rhâââââ, je me sens ridicule à écrire tout ça, mais le pire c'est que ça me fait du bien... De toute façon, si le ridicule devait tuer, rien qu'avec le coup du Monop' je serais déjà 6 pieds sous terre :) Alors bon, faut que je fasse quoi ?... Savoir ce que je veux ? Ben déjà, j'aimerais réussir à bien dormir, et arrêter de faire des rêves glauques, genre je perds mes dents ou je fais des choses que je ne devrais pas avec des gens. Et avoir un but. Qui remplace le "parle-moi à nouveau" que je ne veux toujours pas classer dans les échecs... Et arrêter de fuir. Non non, pas dans le sens "prendre la fuite" (quoique). Plutôt genre pneu crevé qui se dégonfle. J'ai l'impression de désapprendre plein de trucs que j'ai appris (c'est Yoda qui serait content. Mais bon, parfois je me dis que ça c'est pas trop grave). Et enfin, avoir l'intelligence de mes émotions (je me comprends).

Bon, ça fait beaucoup ! Et Noël est déjà passé... Va donc falloir que je bosse moi-même. La première étape c'est peut-être d'en être conscient :)

Budapest

B.O.


Franz Liszt - Rhapsodie Hongroise No.6
Pas très loin à chercher cette fois-ci…

Mieux vaut tard que jamais, n’est-ce pas ? Voilà donc enfin mon (très gros) billet sur Budapest.

Commençons par le début. Arrivée en train depuis la petite Bratislava. Dès la gare, du genre Gare de l’Est, on sent que c’est un autre gabarit, un autre type de ville. On se retrouve sur une large et longue artère, l’atmosphère a cet odeur caractéristique des capitales en plein été, mélange surchauffé de plein de trucs dont on préfère ne rien savoir. En remontant la longue avenue vers le Danube pour me rendre à l’auberge, le premier truc qui m’a frappé c’est l’état de décrépitude voire de ruine de beaucoup de bâtiments. Le phénomène s’atténue un peu à mesure qu’on se rapproche du centre, pour laisser place à des immeubles impeccables et des palaces rutilants… tant qu’on reste sur les grosses artères. C’est assez frappant. Sinon, j’avais plutôt bien choisi l’auberge. En plein centre, à deux pas des rives du fleuve et de l’énorme Basilique Saint Etienne. D’ailleurs, assez crevé, je suis simplement resté dans le secteur pour ma première promenade le soir-même. Je suis rentré tôt pour trinquer à la Palinka un peu costaude distillée par la grand-mère de la fille qui tenait l’auberge.

Ma première grosse balade le lendemain m’a permis d’appréhender un peu mieux le feeling de la ville. Et de confirmer les premières impressions : pour résumer et faire plaisir à Mitt, “Budapest, terre de contrastes” ;). À commencer par les différences très marquées entre les deux parties de la ville. Sur Buda, la rive ouest, se dresse une colline avec son château et son quartier qui a gardé une ambiance baroque. À l’est, Pest, toute plate, est le véritable centre moderne, avec son quadrillage de boulevards inspirées de l’urbanisme haussmannien. Finalement, en plus de nombreux autres points communs purement subjectifs, la géographie de la ville est assez semblable à celle de Prague. La différence d’échelle en plus.

Ceci dit, il y a quelque chose de nettement plus “rude” à Budapest que dans la capitale tchèque… Les gens, déjà :P J’en ai rencontré des sympas, bien sûr. Mais de nombreux cerbères, dans des boutiques, des musées, ou tout simplement dans la rue, m’ont laissé une impression générale assez peu amène. Résultat, plus que jamais, mes pas ont été guidés par la nécessité de fuir mes semblables. Mais ça n’empêche pas de découvrir la ville, loin de là heureusement. C’est une ville assez fascinante, très complexe, avec énormément de choses magnifiques à voir.

Quelques-unes en vrac : le plus grand parlement d’Europe, un peu comme l’anglais mais avec une coupole genre cathédrale de Florence, y’a vraiment des architectes qui se lachent ; une autre gare signée Gustave Eiffel, où le Mc Do installé dedans donne l’impression anachronique de manger un hamburger à la Belle Epoque ; des restes plus ou moins bien digérés de la période soviétique ; une magnifique synagogue d’un jaune safran superbe sur le ciel bleu ; le plus vieux métro d’Europe, qu’on croirait presque laissé en l’état, tout brinquebalant ; l’équivalent local des Champs-Elysées, une avenue carrément démesurée (c’est un adjectif assez commun à Budapest) ; un improbable château de conte de fée, qui mêle allègrement 5 ou 6 styles architecturaux ; les habituels bâtiments Art Nouveau planqués un peu partout et devant lesquels j’ai copieusement bavé… et j’en passe. Et tout ça, c’est seulement pour la partie Pest.

 2008-10-23_budapest_synagogue.jpg 

J’avais gardé Buda pour un soir, pour le plaisir de me balader dans les ruelles au crépuscule. J’ai pas été déçu, ça vaut vraiment le coup. L’ambiance près du château était spéciale ce soir-là, d’une mélancolie un peu trop poignante. Je sais pas combien de temps je suis resté là-haut, assis sur une rambarde à regarder les ponts et les monuments de Pest s’illuminer, avec derrière un clarinettiste qui jouait des morceaux romantiques à la lueur d’un lampadaire blafard (oui, c’est cliché).

Non, je sais pas combien de temps, mais je n’aurais pas dû. Ça m’aurait évité de me taper l’une des plus grosses déprimes de ma vie… Pas juste le petit coup de blues. Non, le truc soudain et violent, complètement paralysant. D’un seul coup, le fait même d’être parti tout seul en vacances m’apparaissait comme la pire connerie de ma vie, et comme un symptôme d’échec, la conséquence d’une suite de mauvaises décisions récentes que je regrette. Sur le moment, ça a réduit à néant tous les bons moments que j’avais passés la semaine d’avant. Bien sûr, à Prague et Bratislava il y a eu des moments que j’aurais aimé partager avec des amis, mais j’avais aussi beaucoup profité du fait d’être tout seul, de n’avoir de comptes à rendre à personne. Ce soir-là à Buda, je ne savais simplement pas ce que je faisais là, à regarder tout seul comme un con la nuit tomber sur une ville remplie d’étrangers (question de point de vue). Je crevais d’envie de partager cela avec une personne chère, d’exprimer des trucs qui étaient remontés à force de trop cogiter, mais je ne pouvais pas. J’étais fatigué des “What’s your name ? Where are you from ?” superficiels qu’on passe son temps à répéter dans les auberges de jeunesse, je n’avais aucune envie de revoir la bande d’Américains en rut qui partageaient ma chambre, et encore moins d’aller me poser en anonyme dans un bar animé. C’était juste horrible, et malheureusement c’est mon souvenir le plus poignant de Budapest… J’ai erré quelques heures de plus jusqu’à être suffisamment claqué pour aller me coucher, en espérant que ce soit passé le lendemain. Mais non, c’était encore là… En fait, ça a gâché mes deux derniers jours là-bas, car à partir de ce moment je n’ai pas cessé d’attendre de partir de cette ville superbe que j’avais prise en grippe sans raison.

Deux moments ont quand même été cool sur ces deux jours. D’abord, la balade dans le cimetière (oui oui). Le cimetière de Budapest est carrément surréaliste. Énorme, mais… presque complètement vide. Dans certains secteurs, deux ou trois tombes oubliées se partagent une parcelle où 2000 tombes du Père Lachaise tiendraient facilement. C’est simple, dans ces vacances urbaines, c’est ce qui s’est rapproché le plus d’une ballade à la campagne ! En tout cas, j’en ai profité pour prendre plein de photos d’anges éplorés qui disparaissent sous le lierre. Rien de mieux pour combattre la déprime ! Enfin si, y’a les termes. Ca marche encore mieux. Deux heures à clapoter dans de l’eau qui vient directement des sources chaudes de la ville, sous le soleil, entouré par un bâtiment Art Nouveau décoré de mosaïques. J’ai pas fait la totale sauna/massage/etc. mais c’était déjà difficile de faire plus relaxant. En tout cas, j’étais content d’avoir gardé ça pour la fin du séjour… Mais encore plus content quand je suis monté dans le train pour Vienne :/

Bonus rigolo : Photo de la sonnette du “Central Backpack”, l’auberge de jeunesse “familiale” toute sympa où j’étais. La sonnette faisait un son pathétique de buzzer en fin de vie, mais j’ai surtout eu un peu peur en voyant le nom des voisins…

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Le "nouveau" best-seller de Tolkien...

Une bonne douzaine d'années de recul et trois films mi-figue mi-raisin que j'aime pour de mauvaises raisons n'ont pas délogé Le Seigneur des Anneaux de la place très spéciale qu'il occupe pour moi.

Et pourtant, s'il ne fallait garder qu'un seul livre de l'oeuvre de Tolkien, je pense que je choisirais Le Silmarillion. Bon, en fait de livre, il s'agit d'une suite d'histoires plus ou moins achevées, avec lesquelles son fils Christopher s'est débattu pour tenter d'en faire un récit cohérent de la mythologie de la Terre-du-Milieu. Le débat de savoir s'il a réussi ou non ne date pas d'hier, mais l'objectif n'était sûrement pas d'écrire un Seigneur des Anneaux bis situé cinq mille ans auparavant. Plutôt, de fournir un aperçu condensé de l'énorme corpus de textes rédigés toute sa vie par J.R.R Tolkien, et essayer d'en faire quelque chose de lisible, quitte à couper beaucoup dans le matériau originel. La fidélité fanatique aux textes a fait l'objet d'autres livres, comme les Contes et Légendes Inachevés et la série de Histoire de la Terre-du-Milieu, destinés aux aficionados non rebutés par la perspective de lire trois versions différentes du même passage (j'avoue ce fut mon cas...).

Pour remettre en contexte, Le Silmarillion se veut être ce que les bardes pourraient chanter à Fondcombe ou Minas Tirith du temps du SdA. À ce titre, le style n'est pas celui d'un roman détaillé et immersif, mais plutôt celui d'une longue légende de tradition orale. C'est-à-dire, plein d'emphase et de distance, et assez rébarbatif dans l'ensemble (on pense même parfois à des textes bibliques, notamment pendant les énoncés généalogiques interminables). En plus du côté hétérogène, ceci fait du Silmarillion un livre difficile d'accès qui peut dégoûter (et qui dégoûte !) beaucoup de monde.

Malgré cela, c'est un livre que j'aime énormément. En environ cinq cent pages, il s'y déroule un nombre d'évènements étourdissant, sur lesquels règne réellement une atmosphère épique, brumeuse et lointaine. À côté, le Seigneur des Anneaux semble parfois se réduire aux gesticulations irritantes d'une bande de nabots aux pieds poilus (d'ailleurs, le SdA est résumé en 3 pages vers la fin). L'aspect "survolé" de l'ensemble laisse une place gigantesque à l'imagination de celui qui veut bien la combler. Là où le SdA, à travers son souci du détail et tout ce qu'il a inspiré, semble maintenant (trop ?) familier, Le Silmarillion apparaît comme un territoire sauvage, inviolé. Et malgré tous ses défauts, c'est seulement en le lisant qu'on peut entrevoir l'ampleur réelle du monde que Tolkien avait créé.

Au milieu de cette profusion, certains passages plus aboutis que le reste se détachent. Principalement les histoires de Beren et Lúthien, de Tuor et la Chute de Gondolin et, enfin, celle de Túrin. Cette dernière est de loin la plus détaillée parmi celles du Premier Âge de la Terre-du-Milieu, au point que Christopher Tolkien a décidé de la retravailler afin de la publier dans une version indépendante. Cette version est parue il y a quelques mois sous le nom Les Enfants de Húrin.

Le but explicité dans la préface était que l'histoire de Túrin puisse se lire comme un roman à part entière. Que des gens rebutés par Le Silmarillion puisse la découvrir sans se coltiner la création du monde ou les querelles fratricides des fils de Feänor.

Sans trop dévoiler de quoi il retourne, on y suit la vie de Túrin, placée sous le signe de la malédiction que Morgoth (le boss de Sauron à l'époque) a jeté sur sa famille pour se venger de son père Húrin. De son enfance à sa mort, Túrin n'aura de cesse de lutter en aveugle contre son destin, l'entremêlant involontairement à celui de ceux qui croisent son chemin. On rencontrera de nombreux autres personnages, des souverains elfes de ce temps à Glaurung, le premier des Dragons.

Par la construction du récit et le thème omniprésent du destin, on est ici infiniment plus proche de Thésée ou d'Oedipe, revus à la lumière du Kalevala finlandais, que du Seigneur des Anneaux. C'est une histoire frappante par sa noirceur, comparée aux autre récits pourtant marqués de massacres et de batailles perdues. Le personnage de Túrin, fier et égoïste, se débat constamment entre héroïsme et bassesse et n'a rien de manichéen. Plus que la malédiction de Morgoth, ce sont souvent ses choix, dictés par l'arrogance, qui apportent inexorablement la ruine ou la mort sur ceux qu'il aime.

En grande partie pour ce côté ambivalent, ce récit est mon passage préféré de toute l'oeuvre de Tolkien. Ca faisait longtemps que je n'avais pas ouvert un livre de Tolkien, et ce fut un vrai plaisir de le faire pour me replonger dans cette histoire en particulier.

Mais (pour rester dans le côté ambivalent), ce fut également une grande déception. Car exceptés quelques retouches et développements mineurs, cette version n'apporte rien de nouveau à celle qui constitue déjà un gros morceau du Silmarillion. Mais surtout, le style est resté inchangé, ce qui est complètement absurde vu le but d'en faire un roman indépendant du Silmarillion et plus "digeste". Je m'attendais à un certain travail de réécriture, voire même un changement de style narratif total en faveur de quelque chose de proche du Seigneur des Anneaux, tout en gardant le matériau originel de l'histoire. En cas de besoin, je suis sûr que de nombreux bons auteurs de fantasy se seraient attelés à cette tâche avec plaisir et respect.

Pourquoi alors avoir encore repris le texte original ? Je comprends la mission de conservation et de publication de l'oeuvre de son père que Christopher Tolkien s'est assignée depuis sa mort, mais cette histoire a déjà été publiée maintes fois sous ses diverses formes (notamment un impressionnant poème inachevé de plus de 3000 vers, dans les Lais du Beleriand). Certains le soupçonnent d'un interêt purement commercial. J'avoue que je ne suis pas loin de penser la même chose.

L'histoire de Túrin est toujours aussi forte et évocatrice, mais ce livre n'est pas ce qu'il aurait pu et dû être, et c'est bien dommage.

Mes films attendus pour 2008

Bonjour à mes deux ou trois lecteurs, et tardive bonne année. Vous aurez constaté (ou pas) qu'une fois de plus c'est bien mort par ici, et que surtout on ne voit pas l'ombre d'un début d'esquisse de dessin poindre le bout de son crayon. La faute à pas le temps, pas toujours le moral, d'autres loisirs et trop de bazar à gérer en ce moment... Parfum au choix ou panaché (supplément chantilly 1€). Je vais pas me forcer, ça reviendra tout seul, la seule conséquence étant qu'une fois de plus il faudra que je gravisse le pauvre bout de pente technique sur lequel mon inactivité m'a laissé glisser. C'est pas grave, j'étais pas monté très haut ;) .

En attendant, juste pour sacrifier au rituel du post quasi-mensuel que mon blog adopte dans les périodes de vaches maigres, voilà un tout autre sujet, absolument banal : les films que j'attends le plus cette année. Et comme je suis feignant, pour la plupart des films j'ai pas mis de liens, mais Google est votre ami.


Je commence avec des films qui figurent déjà sur la plupart des autres listes du même genre qu'on trouve ça et là. Et tout d'abord, puisqu'il sort demain, Sweeney Todd de Tim Burton, avec Johnny Depp en barbier machiavélique et Helena Bonham Carter qui joue (encore !!!) la sorcière échevelée. Pendant qu'on y est, je souhaite bon courage à The Dark Knight pour laisser une impression aussi marquante que le premier Batman, par le même Tim Burton. Avec le recul, le récent Batman Begins n'était pas si mal, malgré la présence plombante de la femme recrue scientologue de Tom Cruise, alors pourquoi pas...

Dans le genre super-héros, j'avoue sans honte attendre aussi Wolverine avec une... "impatience circonspecte" :P . Je pense très honnêtement que ce sera un gros navet au scénario calibré d'avance pour une suite ou deux, mais on ne sait jamais. Je dis ok si c'est du niveau d'ensemble des 3 X-Men, que j'ai trouvés bien sympas et surtout bien au-dessus de la moyenne du film de comics.

Cependant, rien à cirer de X-Men à côté d'Indiana Jones. S'il y a une trilogie qu'il faut éviter de massacrer, c'est celle-ci. Par crainte de me gâcher le plaisir, j'ai pas cherché à en savoir plus sur le quatrième que sa date de sortie et son titre lourdaud, Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal... Wait & see. De l'eau a coulé sous les ponts depuis les trois premiers, et je me demande juste de quelles manières ce come-back tardif veux/va toucher à la fois les vieux fans et les plus jeunes. A vrai dire, je me demande aussi comment les trois premiers films sont considérés par les moins de 20 ans. Pour moi, quelques années après leur sortie, c'était quelque chose d'énorme, un truc vraiment emblématique des années 80, surnageant par je-ne-sais-quel miracle au milieu de la kitscherie ambiante. Et ce doit être les films qu'on a le plus usés en cassette dans ma famille. Pas certain que les ados de maintenant les voient de la même façon. Mais comment alors ? Ringards et désuets ? Est-ce que La Momie et Benjamin Gates (dont les suites respectives qui sortent également cette année m'intéressent nettement moins) représentent l'équivalent actuel ? (Si tu es un jeune de moins de 20 ans, je t'encourage à répondre à la question ;) )


Tout autre style, mais tout de même attendu par de nombreuses personnes (dont moi, donc), Be kind, rewind de l'extravagant Michel Gondry (Ôo). Personnellement je me fous un peu de la campagne de marketing viral mise en place autour du film, même si elle est rigolote et bien en rapport avec le scénario. Je trouve juste le synopsis absolument génial dans sa stupidité, j'aime bien les autres films de Gondry, et j'adore quand Jack Black fait le pitre. Ca devrait me plaire :) .


Bon, mais maintenant, fini de rire. Car en 2008, il parait que le grand Cthulhu sort tout ragaillardi de sa thalasso à R'lyeh et vient exhiber impudiquement son corps poulpesque sur nos écrans. Enfin, s'il faut en croire ce qu'on dit autour du prochain Cloverfield, au contenu relativement bien gardé pour l'instant. Bon, j'irai forcément le voir, mais le réalisateur étant spécialisé pour pourrir à la longue les bonnes idées (au hasard, les séries Alias et Lost), j'ai un peu peur.

De toute façon, sur le même sujet, je crois que j'attends davantage un autre film, sobrement intitulé Cthulhu the movie. Ok, ça fleure bon la série B, et les chances que ce soient un navet cosmique (cosmique, parfaitement. Rien de moins pour les Grands Anciens) semblent assez élevées. N'empêche, la bande annonce me parle beaucoup plus que celle de Cloverfield.

Bonus 1 : proposition de BO.

Bonus 2 : Chtulhu vu par Hokusai.


Ce passage léger par le Japon me permet de sauter allègrement au prochain Miyazaki, Gake no ue no Ponyo, qui apparemment sera tout en aquarelles. Même si je bave devant les arrières-plans sublimes des films précédents de Miyazaki, j'avais aussi beaucoup aimé le style graphique de Mes voisins les Yamada, de Takahata, duquel ce nouveau film va apparemment se rapprocher. Et pour l'histoire, je me fais pas de souci.

Et enfin, un autre dessin animé que j'attends impatiemment, sans même savoir s'il sera diffusé en France tellement il a l'air confidentiel : Secret of Kells. J'étais tombé plus ou moins par hasard sur le blog très dépouillé consacré à la conception du film, que j'ai suivi depuis avec avidité. Réalisé avec peu de moyens par une équipe franco-belgo-irlandaise, ce film tourne autour du Livre de Kells, merveille des merveilles de l'enluminure religieuse, mâtinée de restes de paganisme celtique. Le graphisme du film a l'air audacieux. Le style des personnages mêle la naïveté et la symbolique médiévales avec une approche très moderne. On verra ce que ça donnera à l'animation. Quant aux fonds, ils me font un peu penser à un mélange entre Azur et Asmar et Persepolis (en couleurs donc). Y'a pire comme références ! ;)


Ouf ! Voilà c'est fini. Mais je suis sûr que j'en attends d'autres sans même le savoir. Et qui sait, peut-être des trucs un peu plus subtils. Parce que là quand je regarde ma liste, ça fait quand même un peu peur ;)

Bon et vous, c'est quoi les films que vous attendez ?

Et vas-y donc Madeleine !

Oh ! Joie ! Une chaîne qui tombe pile au moment où je suis en manque d'inspiration et de temps pour poster quelque chose de plus original ! Parfait ! Celle-ci m'a été lancée par Aggelos1 et consiste en gros à évoquer des souvenirs de son enfance associés aux 5 sens. Et bien sûr, c'est inspiré par le fameux épisode de la madeleine de ce cher Proust (pas la Madeleine de mon titre, qui elle n'a vraiment rien à voir avec l'enfance :P)

Bon, allez, en avant pour cet exercice régressif. J'en ai profité pour illustrer tout ça avec des Ivy, mais comme mon scanner n'a pas résurrecté miraculeusement depuis la dernière fois, c'est toujours aussi crado...

Toucher

Toucher

Le contact à peine perceptible d'un piège de dionée qui se referme sur mon doigt. Mon grand-père est un botaniste hors-pair qui a nourri une longue passion pour les plantes carnivores (il a notamment créé cette association il y a bientôt 25 ans). Les espèces de carnivores sont toutes captivantes, mais c'est bien celle-ci la plus spectaculaire. Même si je sais depuis longtemps le pourquoi du comment, voir et sentir cette plante *bouger* m'a toujours fasciné. Enfant je ne pouvais pas m'empêcher de déclencher un ou deux pièges à vide de temps en temps, rien que pour voir ce phénomène quasi-miraculeux se reproduire. Cela fatigue la plante, alors ça ne plaisait pas trop à mon grand-père, mais je crois qu'il était trop heureux de me voir m'y intéresser pour vraiment se fâcher.

Goût

Goût

Comme j'ai moi aussi eu une grand-mère qui faisait de délicieuses pâtes de coing (miam ^_^), j'aurais bien choisi la même réponse qu'Aggelos. Mais dans un souci de variété, j'ai trouvé autre chose. Moins glamour, certes... L'horrible amertume du vernis transparent qu'on m'a obligé à mettre quelques fois sur mes ongles, pour que j'arrête de les bouffer. J'ai plus ou moins perdu cette mauvaise habitude... mais c'était l'année dernière ;) Bref, le coup du vernis n'a pas marché. Il faut dire aussi qu'à cette époque j'avais déjà un côté masochiste fort prononcé. Je ne pouvais pas m'empêcher de poser volontairement la langue sur le vernis, dès que l'affreux goût s'estompait (pas avant 20 minutes, tout de même)

Odorat

Odorat

Pfiou, dur celui-ci... Pas de fumet de plat vraiment caractéristique qui me vienne en tête, ni même de parfum (en tout cas pas avant l'adolescence et la fragrance délicieusement épicée d'une fille avec qui j'aimais bien danser les slows dans les booms ;)). Je me rabattrai alors sur l'odeur du truc (shampoing ?) à la camomille que ma mère nous mettait sur la tête à ma soeur Camille et à moi. Si je me rappelle bien, fallait faire bouillir de l'eau, pour faire infuser des fleurs de camomille dedans. Ca sentait bon et ça faisait très hippie, mais je sais même pas vraiment à quoi ça servait... Peut-être que c'est grâce à ça que j'ai maintenant une magnifique chevelure blonde comme les blés. En tout cas, ça s'est arrêté à peu près quand ma deuxième soeur, Charlotte, est née. Et elle est brune :D (Albane, ma dernière soeur toute blondinette, est venue bien plus tard, mais apparemment la mode d'ébouillanter la tête de ses enfants était déjà passée.)

Vue

Vue

Hum... en fait c'est ce sens-là qui me parait le plus dur à choisir... Voyons... j'ai vite chopé la passion de la lecture. Apparemment mes parents ont facilement trouvé le truc, le bon bouton qui en désespère tant d'autres. Avant de passer aux "vrais livres", j'ai lu beaucoup de choses pour enfant sage, genre les J'Aime Lire ou les collections Ecole des Loisirs auxquelles ma mère institutrice nous abonnait. C'est facile de se moquer de ces trucs-là, mais on y trouve (trouvait ?) une variété assez terrible, aussi bien au niveau des récits que des illustrations. C'est dans un vieux J'Aime Lire que j'ai encore, le Royaume des Fumées, que j'ai découvert John Howe pour la première fois. Et encore maintenant, j'aime beaucoup feuilleter les livres pour enfant, au point que j'en avais "volé" un à ma petite soeur (l'Amoureux, de Rebecca Dautremer, superbe). Sinon, faut pas croire hein, je me suis usé les yeux sur Ken le Survivant et Dragon Ball autant voire plus que le gamin moyen à l'époque Dorothée. La preuve, ma myopie a été diagnostiquée à mon entrée au collège ;)

Ouïe

Ouïe

J'ai forgé mes propres goûts musicaux relativement tard, et j'ai donc écouté pendant longtemps ce qu'on me faisait écouter. Je me rappelle notamment les cassettes qui traînaient dans la voiture. Mes parents chantaient tous les deux (ma mère encore maintenant) dans une chorale au répertoire plutôt éclectique, et j'ai donc entendu beaucoup de choses en rapport : enregistrements de concerts plus ou moins réussis, autres chorales, morceaux à apprendre, etc. À l'époque je râlais beaucoup, et je n'ai cessé par la suite de construire des goûts en opposition avec ceux de mes parents (ils n'aiment pas le black metal, surprise !). Et pourtant, en cachette, j'aimais bien ces cassettes. En tout cas bien plus qu'écouter 107.7 ou la valise RTL sur la route des vacances ! C'est un peu comme le Gloria de Vivaldi, que ma mère préparait quelques années après. Je me souviens parfaitement avoir singé les cuivres un peu pompiers des premières mesures, mais aujourd'hui c'est une des oeuvres qui me transportent le plus. Qu'est-ce qu'on peut être con quand on est ado, c'est dingue...

 

Ouf, fini :P Qu'est-ce que je peux être bavard ! Bon, et puisque tout ceci est censé être une chaîne à faire circuler, n'oublions pas d'ouvrir le maillon : prend la suite qui se sent inspiré, et sous la forme qu'il veut (par exemple, ça serait sympa avec chaque sens illustré par une photo, non ? Enfin, je dis ça, je dis rien :P).

1 qui apparemment en est l'auteur, mais bizarrement nous fait croire qu'il l'a reçu d'ailleurs... Refus de paternité ou simple prise en flag' d'invention d'amis virtuels, ça reste à élucider...