Patterns in the Ivy

Lord of the Logos

2010-08-25_lord_of_the_logos_cover.jpgDimanche dernier, en fréquentant une librairie pour bobos fans de design qu'on m'avait fort justement recommandée (hint : sur le bord du Canal Saint Martin), je suis tombé sur un livre auquel je n'ai pas pu résister très longtemps. Pensez-vous, des pages et des pages et des pages de logos de groupes de black metal, ces petites friandises de typographie aberrante où le but est de pondre le truc le plus illisible et le moins original qui soit, pour agrémenter des noms ridicules qui fleurent bon le souffre et le sang répandu sur la neige. J'adore \m/ !

Ce livre, Lord of the Logos, est l'oeuvre d'un seul auteur, Christophe Szpajdel, que j'ai découvert par la même occasion alors que je connaissais déjà un bon nombre de ses logos (Emperor, un des mes préférés, c'est lui). Et apparemment, cette succession infinie de logos tous semblables et pourtant tous différents ne représente qu'une petite partie de sa production.

Seul petit regret : hormis deux dédicaces il n'y a aucun texte de l'auteur dans le livre. J'aurais aimé en savoir un peu plus sur son processus créatif, sur sa relation avec les groupes, sur le recul qu'il a sur son travail et cette répétition ad nauseam des mêmes motifs... Heureusement, pour ça il y a quelques interviews du monsieur sur le net, comme celle-ci pour le joli blog LogoDesignLove. Et puis finalement, cette succession de logos monotone et brute de décoffrage, agrémentée simplement de photos d'arbres granuleuses, est un peu l'équivalent visuel d'un long morceau de black atmosphérique ^^.

Sinon, la mise en page du livre est ainsi faite que le "vrai" nom des groupes est inscrit en tout petit en bas de chaque page (en police gothique, ça va de soi), alors je peux jouer moi-même au jeu du déchiffrage sans être tout de suite spoilé par les réponses. Et comme il n'y a pas de raison que je sois le seul à m'amuser, j'ai scanné une dizaine de logos pour continuer le jeu entamé dans mes deux premiers posts sur le sujet.

À vous de jouer !

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Descending Into The Bleakest Pandemonium Of Satanic Winter Scripts

Suite de mon premier billet sur cet "art" si particulier des logos de groupes de Black Metal, ou après une analyse sociologique d'une grande profondeur, je vous avais proposé un petit jeu de déchiffrage.

Voilà donc une nouvelle série pas très difficile de 10 logos sur lesquels vous exercer les mirettes et l'imagination. Alors, comment s'appellent ces groupes ?

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Et pour ceux qui aiment bien les classifications, on peut dire que la plupart de ces logos sont des quasi-ambigrammes miroirs.

Behold The Evil Mighty Letter Art From The Northern Frozen Mountains

Vous vous rappelez du petit jeu de déchiffrage d'une certaine aberration typographique publicitaire ? Pour ceux qui ont apprécié la séance d'écorchage de noeil, voici déjà un petit bonus dans un style voisin, croisé dans la rue, un peu moins laid et un peu plus lisible aussi...

Mais attention, tout cela n'est rien ! En effet, il y a bien pire que le designer qui s'est foiré. Car s'il est une personne qui a élevé l'illisibilité au rang d'art, c'est l'adolescent norvégien ! Tout du moins Svenn, 17 ans, qui décide, pendant le cours de maths de 14h, alors qu'il fait déjà nuit dehors et que le blizzard fouette les vitres, de monter le troisième groupe de true-black-metal de la terminale B du lycée de Røngstigtkermarkheim. Avant même de penser à ce qu'il va jouer ou chanter grunter, il planche sur un coin de sa feuille quadrillée en tentant d'appliquer la recette suivante :

  • Trouver un nom de groupe. Si ça évoque au choix Satan/toute forme de torture/Satan/la domination/les Vikings/Satan/le Grand Nord, c'est top. Bon, si ça n'évoque rien du tout, ça marche aussi. Mais si ça a l'air d'être prononcé comme une dernière malédiction par un orque agonisant dans le gargouillis de ses propres entrailles répandues, alors là c'est jackpot !
  • Trouver un surnom bien méchant, selon le même genre de critères. Parce que Svenn "J.C. Emasculator" Bjrnson ou Ivar "Samgrath" Olafson, ça fait quand même super classe dans un livret de CD à côté d'une photo noir et blanc dans la neige.
  • Dessiner un logo pour le groupe...

Et c'est là qu'au choix on se marre ou qu'on observe un silence respectueux. Car la génèse d'un de ces chefs d'oeuvre relève de l'expérience mystique, du rite aux étapes gravées dans le marbre, qui doivent être scrupuleusement respectées sous peine de déplaire à Satan. En tout cas, c'est ce qu'on pourrait penser devant l'impressionante uniformité stylistique de tous ces logos. Autre explication possible : à l'instar des Converse et des Eastpack plus ou moins customisés, c'est une manifestation de ce côté gentillement schyzophrène qui caractérise l'adolescence, où comptent autant l'appartenance à un groupe social bien identifié que l'affirmation de sa propre individualité. Mais bon, halte à la psychologie de bas-étage, tout ça pour dire que dans 90% des cas, ces logos partagent les caractéristiques suivantes :

  • des lettres torturées, pleines de barbelés, d'épines, de dégoulinures, de pointes ou de lames acérées. En gros, il faut que le logo fasse aux yeux ce que la musique est censée faire aux oreilles. Les angles droits et les typos rondouillardes sont banies. Je ne sais pas ce qui guette le gars qui ferait un jour un logo en Comic Sans, mais à mon avis il risque gros.
  • Des symboles ajoutés au lettrage, pour dire de manière super subtile, au cas où on n'aurait pas compris, "hum, vous savez, nous on n'est pas un groupe qui parle de la rédemption de l'humanité par l'amour universel de Jésus Christ notre Sauveur, on est plutôt du style à sacrifier des rats morts et à effrayer les Versaillaises à la sortie de la messe". Les deux grandes stars du genre sont donc les pentacles et les croix à l'envers. Sinon, y'a parfois les trucs de revendication de la "culture Viking", à la signification plus ou moins bien maîtrisée, genre marteau de Thor, entrelacs celtes, runes et Cie (du meilleur effet chez un groupe Brésilien ou Israëlien. Oui parce qu'il faut pas croire hein, y'a pas que les Norvégiens. Et les Français sont assez forts pour ça aussi.). Et pour les plus malsains, des croix gammées et assimilés >_<. Miam... Mais allez, non, Svenn et Ivar ne mangent pas de ce pain-là.
  • Dernier élément, fondamental, du logo : une symétrie horizontale quasi-parfaite. Quitte à torturer, écarteler et défigurer la moitié des pauvres lettres de manière complètement improbable, comme c'est très souvent le cas. Vu l'aspect laborieux de certains résultats, on sent parfois qu'il a bien dû se creuser la tête, Svenn, pour y arriver. Quand même, je me demande vraiment d'où vient ce goût immodéré pour la symétrie... Le coup des pointes et des pentacles, je comprends, mais ça... Peut-être parce que c'est un des trucs de design de logos les plus basiques, que les premiers groupes ont appliqué, et que maintenant ils le font tous par mimétisme. Et parce que c'est rigolo à faire. Pendant une réunion chiante j'avais redessiné le logo de ma boîte version black-metal, c'est vrai que c'est assez fun... Faudrait lancer des concours ;)

En parlant de concours, la finalité de tout ce blabla c'était quand même de vous fournir de quoi vous user les yeux à nouveau et tester vos capacités de déchiffrage de l'écriture true-black-métallique. Voilà déjà une quinzaine de logos, avec quelques groupes "connus" (j'aime vraiment le premier, la musique comme le logo sobre et classe) et un bon paquet de formations hum... obscures ;).

Alors, c'est marqué quoi ?

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Et pour finir, un à part, plutôt marrant si vous arrivez à le déchiffrer...

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Voilà c'est fini. Les gouttes pour les yeux sont dans l'armoire à pharmacie, et les réponses sont dans le premier commentaire.

En tout cas, si ça vous amuse, je pourrai en mettre d'autres. D'ailleurs, merci aux Svenn et aux Ivar pour fournir une source quasi-illimitée de jeux débiles, et surtout, merci à Jérôme "Morlos" G., qui s'est amusé sur son temps (presque) libre à écumer Encyclopedia Metallum (un site humoristique) pour récupérer plein plein plein de logos, et à les classer par difficulté croissante... Je précise que là, je n'ai pioché que dans le répertoire "Facile" >_<

Most hideous typeface ever ?

Voici une espèce de flyer branchouille pour le site de t-shirts la Fraise, que Nacara et Abie m'ont montré mercredi dernier. Petit jeu : arriverez-vous à déchiffrer les quatre mots qui sont marqués là-dessus ? Bonus spécial si vous y arrivez en moins de 2 minutes (ça sera mieux que moi, et j'étais aidé) et sans avoir mal aux yeux... En tout cas, je crois que ça bat tous les jeux de déchiffrage de logos de groupes de Black Metal que je veux faire depuis longtemps. Même pas besoin de barbelés ou de pentacles.

Alors ok, je suis peut-être complètement insensible au design. À moins que ce soit une blague (les dégoulinures en bas, c'est pour les yeux qui saignent, c'est ça ?) ou justement une incitation à faire mieux que ça. Mais j'ai quand même peur que ce soit juste un graphiste qui ait fait vraiment n'importe quoi. Et vous, qu'en pensez-vous ? (huhuhu)

La réponse, ci-dessous écrit de la même couleur que le fond, surlignez pour voir le texte.

MONEY / DRUGS / FAME / GIRLS... no comment.

Amusons-nous avec nos amis cathos

Bon, moi j'aime bien Halloween, mais je sais bien que c'est pas du goût de tout le monde. Alors si vous êtes comme cette petite vieille qui disait à la caissière du Casino que "jouer avec les morts, c'est dégueulasse Madame, c'est dégueulasse !", réjouissez-vous, car la résistance à cette orgie païenne s'organise ! En tout cas, elle était bien là vendredi soir, sur le parvis de la belle église Saint-Étienne-du-Mont, sous la forme d'un groupe de rock chrétien et de jeunes gens biens sous tout rapport qui distribuaient des brochures. Qu'on ne s'y trompe pas, leur titre, "Holywins", rappelle bien que le 1er novembre, c'est pas pour faire les cons avec des citrouilles.

Enfin, quand je dis brochure, faut pas s'imaginer le tract informe imprimé en Comic Sans sur du papier vert. Non non, Holywins, c'est du sérieux. Plutôt une espèce de journal, de deux beaux feuillets A3, avec de la mise en page et du design bien travaillés. Question contenu, pas grand chose de surprenant, juste du gentiment flippant. Notamment, une interview d'un membre important d'un quelconque comité d'éthique à propos de l'euthanasie... Heureusement, un article rigolo sur le rock catho vient détendre l'atmosphère. On y apprend que la "pop-louange" fait un carton, loin des clichés de "Jésus revient". Laurent, guitariste pop-louangiste donc, nous livre la clef du succès : "On fait de la musique de qualité parce qu'on a un Dieu de qualité". Bah, c'est comme les black-métalleux qui crient Satan tous les trois mots, j'imagine qu'il faut prendre ça au second degré...

Mais le plus fun dans Holywins, c'est qu'ils ont pensé à mettre un sudoku. Un "sudokato" en fait. Un peu plus subtil, pour réviser son catéchisme en s'amusant. Comme ça, vous pourrez vous justifier si le prêtre vous chope en train de jouer pendant la messe. Allez, je vous le mets, bande de chanceux ! Moi j'ai pas réussi. J'ai toujours été nul en sudoku. Et puis, je suis sûr que c'est un difficulté "démoniaque"...

Edit : je viens de me rendre compte d'un truc énorme... Pour la première question... Il y a 10 plaies d'Égypte !! Tu m'étonnes que j'arrivais pas à le faire, ce sudoku...