Oh ! Joie ! Une chaîne qui tombe pile au moment où je suis en manque d'inspiration et de temps pour poster quelque chose de plus original ! Parfait ! Celle-ci m'a été lancée par Aggelos1 et consiste en gros à évoquer des souvenirs de son enfance associés aux 5 sens. Et bien sûr, c'est inspiré par le fameux épisode de la madeleine de ce cher Proust (pas la Madeleine de mon titre, qui elle n'a vraiment rien à voir avec l'enfance :P)

Bon, allez, en avant pour cet exercice régressif. J'en ai profité pour illustrer tout ça avec des Ivy, mais comme mon scanner n'a pas résurrecté miraculeusement depuis la dernière fois, c'est toujours aussi crado...

Toucher

Toucher

Le contact à peine perceptible d'un piège de dionée qui se referme sur mon doigt. Mon grand-père est un botaniste hors-pair qui a nourri une longue passion pour les plantes carnivores (il a notamment créé cette association il y a bientôt 25 ans). Les espèces de carnivores sont toutes captivantes, mais c'est bien celle-ci la plus spectaculaire. Même si je sais depuis longtemps le pourquoi du comment, voir et sentir cette plante *bouger* m'a toujours fasciné. Enfant je ne pouvais pas m'empêcher de déclencher un ou deux pièges à vide de temps en temps, rien que pour voir ce phénomène quasi-miraculeux se reproduire. Cela fatigue la plante, alors ça ne plaisait pas trop à mon grand-père, mais je crois qu'il était trop heureux de me voir m'y intéresser pour vraiment se fâcher.

Goût

Goût

Comme j'ai moi aussi eu une grand-mère qui faisait de délicieuses pâtes de coing (miam ^_^), j'aurais bien choisi la même réponse qu'Aggelos. Mais dans un souci de variété, j'ai trouvé autre chose. Moins glamour, certes... L'horrible amertume du vernis transparent qu'on m'a obligé à mettre quelques fois sur mes ongles, pour que j'arrête de les bouffer. J'ai plus ou moins perdu cette mauvaise habitude... mais c'était l'année dernière ;) Bref, le coup du vernis n'a pas marché. Il faut dire aussi qu'à cette époque j'avais déjà un côté masochiste fort prononcé. Je ne pouvais pas m'empêcher de poser volontairement la langue sur le vernis, dès que l'affreux goût s'estompait (pas avant 20 minutes, tout de même)

Odorat

Odorat

Pfiou, dur celui-ci... Pas de fumet de plat vraiment caractéristique qui me vienne en tête, ni même de parfum (en tout cas pas avant l'adolescence et la fragrance délicieusement épicée d'une fille avec qui j'aimais bien danser les slows dans les booms ;)). Je me rabattrai alors sur l'odeur du truc (shampoing ?) à la camomille que ma mère nous mettait sur la tête à ma soeur Camille et à moi. Si je me rappelle bien, fallait faire bouillir de l'eau, pour faire infuser des fleurs de camomille dedans. Ca sentait bon et ça faisait très hippie, mais je sais même pas vraiment à quoi ça servait... Peut-être que c'est grâce à ça que j'ai maintenant une magnifique chevelure blonde comme les blés. En tout cas, ça s'est arrêté à peu près quand ma deuxième soeur, Charlotte, est née. Et elle est brune :D (Albane, ma dernière soeur toute blondinette, est venue bien plus tard, mais apparemment la mode d'ébouillanter la tête de ses enfants était déjà passée.)

Vue

Vue

Hum... en fait c'est ce sens-là qui me parait le plus dur à choisir... Voyons... j'ai vite chopé la passion de la lecture. Apparemment mes parents ont facilement trouvé le truc, le bon bouton qui en désespère tant d'autres. Avant de passer aux "vrais livres", j'ai lu beaucoup de choses pour enfant sage, genre les J'Aime Lire ou les collections Ecole des Loisirs auxquelles ma mère institutrice nous abonnait. C'est facile de se moquer de ces trucs-là, mais on y trouve (trouvait ?) une variété assez terrible, aussi bien au niveau des récits que des illustrations. C'est dans un vieux J'Aime Lire que j'ai encore, le Royaume des Fumées, que j'ai découvert John Howe pour la première fois. Et encore maintenant, j'aime beaucoup feuilleter les livres pour enfant, au point que j'en avais "volé" un à ma petite soeur (l'Amoureux, de Rebecca Dautremer, superbe). Sinon, faut pas croire hein, je me suis usé les yeux sur Ken le Survivant et Dragon Ball autant voire plus que le gamin moyen à l'époque Dorothée. La preuve, ma myopie a été diagnostiquée à mon entrée au collège ;)

Ouïe

Ouïe

J'ai forgé mes propres goûts musicaux relativement tard, et j'ai donc écouté pendant longtemps ce qu'on me faisait écouter. Je me rappelle notamment les cassettes qui traînaient dans la voiture. Mes parents chantaient tous les deux (ma mère encore maintenant) dans une chorale au répertoire plutôt éclectique, et j'ai donc entendu beaucoup de choses en rapport : enregistrements de concerts plus ou moins réussis, autres chorales, morceaux à apprendre, etc. À l'époque je râlais beaucoup, et je n'ai cessé par la suite de construire des goûts en opposition avec ceux de mes parents (ils n'aiment pas le black metal, surprise !). Et pourtant, en cachette, j'aimais bien ces cassettes. En tout cas bien plus qu'écouter 107.7 ou la valise RTL sur la route des vacances ! C'est un peu comme le Gloria de Vivaldi, que ma mère préparait quelques années après. Je me souviens parfaitement avoir singé les cuivres un peu pompiers des premières mesures, mais aujourd'hui c'est une des oeuvres qui me transportent le plus. Qu'est-ce qu'on peut être con quand on est ado, c'est dingue...

 

Ouf, fini :P Qu'est-ce que je peux être bavard ! Bon, et puisque tout ceci est censé être une chaîne à faire circuler, n'oublions pas d'ouvrir le maillon : prend la suite qui se sent inspiré, et sous la forme qu'il veut (par exemple, ça serait sympa avec chaque sens illustré par une photo, non ? Enfin, je dis ça, je dis rien :P).

1 qui apparemment en est l'auteur, mais bizarrement nous fait croire qu'il l'a reçu d'ailleurs... Refus de paternité ou simple prise en flag' d'invention d'amis virtuels, ça reste à élucider...