Patterns in the Ivy

Voyagons un peu avec Samael

Une fois n'est pas coutume, un peu de programmation et de cartes, parce qu'apparemment ça ne me suffit pas d'en faire 8 heures par jour. Et avec du metal en prime !

Voilà donc une petite expérience sur l'élément audio du HTML5. L'idée m'est venue en écoutant On earth, une chanson de Samael un peu niaise mais que j'aime bien, qui a la particularité de réciter tout un tas de villes du monde dans ses paroles simplistes. Je me suis dit qu'il y avait sûrement moyen de représenter ça d'une façon un peu sympa. Un peu de HTML, de Javascript, de Google Maps *, et hop. Ça ne sert pas à grand chose, mais c'est fun :)

Je vous laisse regarder ça en cliquant sur l'image dessous, pour peu que vous ayez un navigateur récent (c'est avec Firefox 4 que ça marche le mieux) :

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* En supporter d'OpenStreetMap et des projets qui tournent autour, j'aurais bien utilisé OpenLayers à la place de Google Maps, mais on ne peut pas encore y tracer ces jolies lignes géodésiques qui ressemblent à des trajectoires d'avions. Tant pis pour cette fois :)

Entomologos

Le logo Moths to the Flame du billet précédent ayant eu beaucoup de succès, j'ai décidé que j'allais vous en montrer d'autres du même style extraits du livre, car il y en a un certain nombre sur le thème "insecte". Et tant qu'à faire, autant trouver une façon un peu sympa de les présenter en prenant en compte ce sujet. Alors voilà, après 2 heures de bidouillages dans Gimp :

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Si vous voulez vous amuser au même jeu que d'habitude, une version plus grande est disponible en cliquant dessus. Bonne chance, car il y a des pièges ;) Certains mots ne veulent rien dire et certains noms apparaissent plusieurs fois sous différentes formes.

2010-08-25_lord_of_the_logos_cover.jpgBon, et pour que ce soit bien clair si quelqu'un tombe ici sans lire le billet précédent, je n'ai quasiment rien fait sur cette image, ces logos sont l'oeuvre de Christophe Szpajdel, et sont présentés au milieu de plusieurs centaines d'autres dans le superbe livre Lord of the Logos. Et bien entendu, si ça pose problème à quelqu'un de légitime que je "remixe" et montre ces créations ici, je les retirerai. Mais ça serait bête, tout de même ;)

Lord of the Logos

2010-08-25_lord_of_the_logos_cover.jpgDimanche dernier, en fréquentant une librairie pour bobos fans de design qu'on m'avait fort justement recommandée (hint : sur le bord du Canal Saint Martin), je suis tombé sur un livre auquel je n'ai pas pu résister très longtemps. Pensez-vous, des pages et des pages et des pages de logos de groupes de black metal, ces petites friandises de typographie aberrante où le but est de pondre le truc le plus illisible et le moins original qui soit, pour agrémenter des noms ridicules qui fleurent bon le souffre et le sang répandu sur la neige. J'adore \m/ !

Ce livre, Lord of the Logos, est l'oeuvre d'un seul auteur, Christophe Szpajdel, que j'ai découvert par la même occasion alors que je connaissais déjà un bon nombre de ses logos (Emperor, un des mes préférés, c'est lui). Et apparemment, cette succession infinie de logos tous semblables et pourtant tous différents ne représente qu'une petite partie de sa production.

Seul petit regret : hormis deux dédicaces il n'y a aucun texte de l'auteur dans le livre. J'aurais aimé en savoir un peu plus sur son processus créatif, sur sa relation avec les groupes, sur le recul qu'il a sur son travail et cette répétition ad nauseam des mêmes motifs... Heureusement, pour ça il y a quelques interviews du monsieur sur le net, comme celle-ci pour le joli blog LogoDesignLove. Et puis finalement, cette succession de logos monotone et brute de décoffrage, agrémentée simplement de photos d'arbres granuleuses, est un peu l'équivalent visuel d'un long morceau de black atmosphérique ^^.

Sinon, la mise en page du livre est ainsi faite que le "vrai" nom des groupes est inscrit en tout petit en bas de chaque page (en police gothique, ça va de soi), alors je peux jouer moi-même au jeu du déchiffrage sans être tout de suite spoilé par les réponses. Et comme il n'y a pas de raison que je sois le seul à m'amuser, j'ai scanné une dizaine de logos pour continuer le jeu entamé dans mes deux premiers posts sur le sujet.

À vous de jouer !

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Descending Into The Bleakest Pandemonium Of Satanic Winter Scripts

Suite de mon premier billet sur cet "art" si particulier des logos de groupes de Black Metal, ou après une analyse sociologique d'une grande profondeur, je vous avais proposé un petit jeu de déchiffrage.

Voilà donc une nouvelle série pas très difficile de 10 logos sur lesquels vous exercer les mirettes et l'imagination. Alors, comment s'appellent ces groupes ?

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Et pour ceux qui aiment bien les classifications, on peut dire que la plupart de ces logos sont des quasi-ambigrammes miroirs.

Behold The Evil Mighty Letter Art From The Northern Frozen Mountains

Vous vous rappelez du petit jeu de déchiffrage d'une certaine aberration typographique publicitaire ? Pour ceux qui ont apprécié la séance d'écorchage de noeil, voici déjà un petit bonus dans un style voisin, croisé dans la rue, un peu moins laid et un peu plus lisible aussi...

Mais attention, tout cela n'est rien ! En effet, il y a bien pire que le designer qui s'est foiré. Car s'il est une personne qui a élevé l'illisibilité au rang d'art, c'est l'adolescent norvégien ! Tout du moins Svenn, 17 ans, qui décide, pendant le cours de maths de 14h, alors qu'il fait déjà nuit dehors et que le blizzard fouette les vitres, de monter le troisième groupe de true-black-metal de la terminale B du lycée de Røngstigtkermarkheim. Avant même de penser à ce qu'il va jouer ou chanter grunter, il planche sur un coin de sa feuille quadrillée en tentant d'appliquer la recette suivante :

  • Trouver un nom de groupe. Si ça évoque au choix Satan/toute forme de torture/Satan/la domination/les Vikings/Satan/le Grand Nord, c'est top. Bon, si ça n'évoque rien du tout, ça marche aussi. Mais si ça a l'air d'être prononcé comme une dernière malédiction par un orque agonisant dans le gargouillis de ses propres entrailles répandues, alors là c'est jackpot !
  • Trouver un surnom bien méchant, selon le même genre de critères. Parce que Svenn "J.C. Emasculator" Bjrnson ou Ivar "Samgrath" Olafson, ça fait quand même super classe dans un livret de CD à côté d'une photo noir et blanc dans la neige.
  • Dessiner un logo pour le groupe...

Et c'est là qu'au choix on se marre ou qu'on observe un silence respectueux. Car la génèse d'un de ces chefs d'oeuvre relève de l'expérience mystique, du rite aux étapes gravées dans le marbre, qui doivent être scrupuleusement respectées sous peine de déplaire à Satan. En tout cas, c'est ce qu'on pourrait penser devant l'impressionante uniformité stylistique de tous ces logos. Autre explication possible : à l'instar des Converse et des Eastpack plus ou moins customisés, c'est une manifestation de ce côté gentillement schyzophrène qui caractérise l'adolescence, où comptent autant l'appartenance à un groupe social bien identifié que l'affirmation de sa propre individualité. Mais bon, halte à la psychologie de bas-étage, tout ça pour dire que dans 90% des cas, ces logos partagent les caractéristiques suivantes :

  • des lettres torturées, pleines de barbelés, d'épines, de dégoulinures, de pointes ou de lames acérées. En gros, il faut que le logo fasse aux yeux ce que la musique est censée faire aux oreilles. Les angles droits et les typos rondouillardes sont banies. Je ne sais pas ce qui guette le gars qui ferait un jour un logo en Comic Sans, mais à mon avis il risque gros.
  • Des symboles ajoutés au lettrage, pour dire de manière super subtile, au cas où on n'aurait pas compris, "hum, vous savez, nous on n'est pas un groupe qui parle de la rédemption de l'humanité par l'amour universel de Jésus Christ notre Sauveur, on est plutôt du style à sacrifier des rats morts et à effrayer les Versaillaises à la sortie de la messe". Les deux grandes stars du genre sont donc les pentacles et les croix à l'envers. Sinon, y'a parfois les trucs de revendication de la "culture Viking", à la signification plus ou moins bien maîtrisée, genre marteau de Thor, entrelacs celtes, runes et Cie (du meilleur effet chez un groupe Brésilien ou Israëlien. Oui parce qu'il faut pas croire hein, y'a pas que les Norvégiens. Et les Français sont assez forts pour ça aussi.). Et pour les plus malsains, des croix gammées et assimilés >_<. Miam... Mais allez, non, Svenn et Ivar ne mangent pas de ce pain-là.
  • Dernier élément, fondamental, du logo : une symétrie horizontale quasi-parfaite. Quitte à torturer, écarteler et défigurer la moitié des pauvres lettres de manière complètement improbable, comme c'est très souvent le cas. Vu l'aspect laborieux de certains résultats, on sent parfois qu'il a bien dû se creuser la tête, Svenn, pour y arriver. Quand même, je me demande vraiment d'où vient ce goût immodéré pour la symétrie... Le coup des pointes et des pentacles, je comprends, mais ça... Peut-être parce que c'est un des trucs de design de logos les plus basiques, que les premiers groupes ont appliqué, et que maintenant ils le font tous par mimétisme. Et parce que c'est rigolo à faire. Pendant une réunion chiante j'avais redessiné le logo de ma boîte version black-metal, c'est vrai que c'est assez fun... Faudrait lancer des concours ;)

En parlant de concours, la finalité de tout ce blabla c'était quand même de vous fournir de quoi vous user les yeux à nouveau et tester vos capacités de déchiffrage de l'écriture true-black-métallique. Voilà déjà une quinzaine de logos, avec quelques groupes "connus" (j'aime vraiment le premier, la musique comme le logo sobre et classe) et un bon paquet de formations hum... obscures ;).

Alors, c'est marqué quoi ?

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Et pour finir, un à part, plutôt marrant si vous arrivez à le déchiffrer...

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Voilà c'est fini. Les gouttes pour les yeux sont dans l'armoire à pharmacie, et les réponses sont dans le premier commentaire.

En tout cas, si ça vous amuse, je pourrai en mettre d'autres. D'ailleurs, merci aux Svenn et aux Ivar pour fournir une source quasi-illimitée de jeux débiles, et surtout, merci à Jérôme "Morlos" G., qui s'est amusé sur son temps (presque) libre à écumer Encyclopedia Metallum (un site humoristique) pour récupérer plein plein plein de logos, et à les classer par difficulté croissante... Je précise que là, je n'ai pioché que dans le répertoire "Facile" >_<

Opeth - Watershed

Je vais faire un peu honneur à l'origine du titre de ce blog, en parlant de Watershed, le nouvel album d'Opeth.

Il y a quelque chose d'assez paradoxal avec Opeth. Il sont considérés comme un groupe de metal hautement progressif, du genre salutaire qui fait allègrement sauter tous les classements un peu bornés, mais finalement ils n'ont pas progressé tant que ça au fil des années. Dès leurs premiers albums, ils se sont retrouvés projetés au top d'une espèce de niche qu'ils avaient eux-mêmes créée à travers leur style personnel. Depuis, ils ont amélioré leur son, leur technique, leurs textes, la subtilité de leurs compositions, mais ont conservé la même orientation musicale qu'au départ. Cet entrelacement unique de heavy/death avec toutes sortes d'influences atypiques dans le metal, du rock psychédélique aux mélodies orientales, en passant par le jazz.

Personnellement, ça ne me gêne pas qu'un groupe n'apporte pas de modification draconienne à sa démarche, quand il évolue déjà à un tel niveau d'excellence, qui plus est à 100 bornes d'une quelconque vision commerciale. Et pour Opeth, je vois déjà comme une prise de risque suffisante le fait de composer des morceaux aussi complexes et aussi longs qui sonnent toujours aussi bien. Mais certains estiment que ce n'est pas suffisant, et qu'ils ne font qu'appliquer sans fin la même formule depuis plus de 10 ans. Ceux-là risquent d'apprécier Watershed, qui est probablement leur album le plus tordu à ce jour.

Première surprise avec le premier morceau, Coil, une courte balade à la guitare soutenue par de très légères nappes de clavier, et surtout... qu'entend-on ? mais oui, c'est du chant féminin ! Si je ne me trompe pas, c'est la première fois qu'on entend ça chez Opeth. Façon inhabituelle de commencer un album, et qui fait penser qu'on est devant quelque chose de vraiment nouveau.

Avec la deuxième chanson, Heir apparent, on revient en terrain familier, assez brutalement même, en témoigne le petit frisson qui veut dire "Qu'est-ce que c'est bon de les entendre à nouveau !". C'est peut-être la chanson la plus violente de l'album, sans même aucun passage en voix claire. Malgré tout, on y retrouve l'ambivalence chère au groupe, à travers l'intercalage de passages accoustiques et une superbe mélodie en mid-tempo qui clôture la chanson.

La suivante, Lotus Eater, est peut-être la plus complexe de l'album et l'une de mes préférées. Après une intro fredonnée qui déroute comme Coil déroute sur tout l'album, ça part dans les tous sens avec une pêche énorme, des riffs qui poutrent et même un inhabituel blast beat que le groupe avait soit-disant banni. Le tout se calme vers le milieu pour un long passage atmosphérique qui mue en un passage au son funk des plus originaux, avant de reprendre sur les thèmes pêchus du début. La toute fin est plus dispensable.

Le ton se calme ensuite avec Burden. ballade façon vieux rock aux accents blues, bien triste comme il se doit. Après un long solo langoureux mais pas kitsch, cette chanson se termine par un drôle de passage : des jolis arpèges à la sèche qui deviennent volontairement faux au fur et à mesure, comme si les cordes de la guitare étaient progressivement détendues. Évidemment, c'est complètement dissonant. J'avoue que j'ai eu beaucoup de mal avec ça au début, et on a le droit de trouver que c'est juste une ficelle à la con. Mais finalement, après plusieurs écoutes, ça me parle, et je trouve que ça va très bien avec ce que dégage le morceau.

Le morceau suivant, Porcelain Heart, est celui qui me fait le plus penser à Ghost Reveries, l'album précédent que j'aime beaucoup. Je sais pas à quoi c'est dû. Ca doit être les changements d'ambiances très marqués, ou les arrangements vocaux par dessus. Contrairement à Heir Apparent, il n'y a ici que des voix claires.

Suit Hessian Peel, la seule chanson de l'album à dépasser les dix minutes. Cette chanson m'agace un peu. Elle est excellente, mais elle met en jeu tellement de styles différents qu'elle ne cesse de me rappeler d'autres trucs, sur lesquels je n'arrive jamais à vraiment mettre le doigt. Encore une chanson très contrastée, qui passe par une longue intro acoustique, soutenue sur la fin par une rythmique tordue, avant une entrée de guitares électriques sublimes, un break calme au piano, pour enchaîner sur une deuxième moitié qui ressemble beaucoup aux passages les plus énergiques de Blackwater Park.

Et ça finit par Hex Omega, le morceau que je trouvais le plus transparent du lot lors de mes premières écoutes. Peut-être parce que sa structure est plutôt basique par rapport au précédent, alternant les passages doux et les gross riffs bien gras. Mais le tout est clairement dominé par une atmosphère plutôt planante, accentuée par un rythme très lent et encore une absence totale de voix grunt.

Ca devrait terminer plutôt bien l'album, et pourtant j'ai toujours l'impression étrange de rester un peu sur ma faim, ou d'avoir loupé un truc sur l'ensemble. Résultat j'ai envie de le réécouter. Et c'est comme ça que je l'apprécie de plus en plus. Car il est plutôt exigeant, même pour du Opeth. Pour revenir à mon sujet de départ, ici ils ont pris des risques. Et plus que dans le dyptique Deliverance/Damnation, qui relevait finalement de l'expérience d'automutilation peu concluante. Il y a dans Watershed une variété encore plus grande que d'habitude, des choses qu'ils intègrent pour la première fois, un éloignement encore accentué de leurs origines black/death et une emphase mise sur les ambiances plutôt que seulement sur la perfection technique des compositions. Ce qui n'en fait pas une écoute facile, mais je pense que ça vaut vraiment le coup.

Conclusion, si vous aimez déjà Opeth, achetez Watershed sans hésiter, mais attendez-vous à batailler pendant cinq ou six écoutes jusqu'à en découvrir la richesse. Et si vous ne connaissez pas ce groupe, allez vite réparer cette grossière erreur en commençant plutôt par Blackwater Park ou Still Life.

Coin Coin

Pendant un concert il y a quelques mois, j'avais été témoin d'une bataille à coups de véritables rats crevés (accessoirement puant la mort et dégoulinant de vieux sang, comme tout rat crevé qui se respecte). Les dits rongeurs ayant été préalablement lancés dans le public par le groupe présent sur scène, qui avait probablement trouvé que c'était là le moyen le plus fun de remercier son auditoire pour la bonne humeur dont ce dernier faisait preuve.

Bah depuis vendredi soir, je sais que dans la même salle et en à peine une heure de temps, on peut voir et entendre un bon millier de gros boeufs beugler Tirlipinpon sur le Chiwawa ou la BO de Ghostbuster, tenter le chasseur-sachant-sacher-chans-son-sien en un bel effort collectif, enchaîner sur des hymnes d'une poésie indicible tels que "Poils pubiens" ou "Croûte de pus", pour finir par imiter une bande de canards qui aurait décidé de former une chorale. Ah, et aussi voir Bob l'Eponge qui slamme comme un ouf.

Oui, je sais, je vais voir des trucs bizarres...

"Entre trip-hop psychédélique et metal progressif..."

... dixit le programme de la Cigale, pour tenter de définir Porcupine Tree qui passait dans cette salle hier soir. À défaut d'une meilleure description de ma part, vous devrez vous contentez de celle-ci :P

Ce groupe a déjà de la bouteille, mais je l'ai découvert il y a seulement quelques années, encore tout étourdi de ma rencontre avec Opeth. Steven Wilson, "mastermind" de Porcupine Tree, est un grand fan de leur musique, et a collaboré à plusieurs de leurs albums. En retour, il s'est énormément inspiré de leur approche pour durcir un peu le ton de son côté, ajoutant cette influence au magma de ses autres expérimentations... La musique de Porcupine Tree est impossible à décrire simplement, mais je vous conseille d'y jeter une oreille si vous en avez l'occasion. Notamment si vous faites partie de ces gens (ne niez pas, il y en a plein ;) ) qui sont capables d'apprécier le metal un peu "cérébral", mais qui grincent des dents dès que le chanteur commence à grogner/brailler/hurler/beugler...

Petit exemple :

Bref, Porcupine Tree, c'est bon, mangez-en !

Ouais, mais pas en concert...

Parce que sur scène, ils ne sont pas à la hauteur de leur musique. La salle était cool, le public motivé, la playlist assez bien foutue, le son parfait, et pourtant, on est restés sur notre faim... Car tout ça était désespérément figé, réglé comme du papier à musique. Les mecs sont des pros, mais ils sont tellement minutés qu'ils peuvent se permettre de projeter des espèces de clips (parfois un peu cheaps mais souvent flippants, sur la rayonnante jeunesse anglaise...) pendant la moitié des morceaux, sans qu'on note une seconde de décalage avec la musique. Alors certes, leur style passe super bien en concert, et certains passages étaient particulièrement jouissifs. Mais en gros, tu prends des faux bruits de public, deux trois spots qui clignotent, l'odeur du pétard du mec de derrière, tu mets un CD du groupe sur une grosse chaîne, et c'est pareil. Je pense que cet aspect est complètement volontaire, dans l'état d'esprit d'un groupe qui ne laisse rien au hasard sur ses compos. Mais quand même, c'est un peu dommage. On peut aimer la sobriété et ne pas vouloir tomber dans l'exhibitionnisme technique à outrance. De là à bannir toute l'imprévisibilité qui fait le sel de certains concerts...

Finalement, et malgré un nom à deux balles, on se sera plus amusé sur Pure Reason Revolution, le groupe de première partie. Leur musique me parle un peu moins que PT, mais une chanteuse/guitariste/claviériste qui saute partout, en concert c'est quand même plus sympa qu'un lunetteux chétif et figé au charisme zéro. Fut-il une espèce de dieu vivant du rock expérimental...