Patterns in the Ivy

Mahler vs. Malher

Mahler vs. Malher
Image originale : Portrait de Gustav Mahler, par Josef Székely

La rue est nommée en 1849 "rue du Sous-Lieutenant Malher", en souvenir d'un obscur officier du 18e léger, tué le 24 juin 1848 en réprimant l'insurrection populaire pendant les Journées de Juin (on ne connaît pas son prénom ni sa date de naissance ; son existence est peu documentée). Certains s'étonnent de la publicité donnée à ce militaire inconnu et controversé alors qu'aucune rue parisienne n'honore le nom du compositeur Gustav Mahler.

Source : Entrée "Rue Malher" sur Wikipedia

Voyagons un peu avec Samael

Une fois n'est pas coutume, un peu de programmation et de cartes, parce qu'apparemment ça ne me suffit pas d'en faire 8 heures par jour. Et avec du metal en prime !

Voilà donc une petite expérience sur l'élément audio du HTML5. L'idée m'est venue en écoutant On earth, une chanson de Samael un peu niaise mais que j'aime bien, qui a la particularité de réciter tout un tas de villes du monde dans ses paroles simplistes. Je me suis dit qu'il y avait sûrement moyen de représenter ça d'une façon un peu sympa. Un peu de HTML, de Javascript, de Google Maps *, et hop. Ça ne sert pas à grand chose, mais c'est fun :)

Je vous laisse regarder ça en cliquant sur l'image dessous, pour peu que vous ayez un navigateur récent (c'est avec Firefox 4 que ça marche le mieux) :

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* En supporter d'OpenStreetMap et des projets qui tournent autour, j'aurais bien utilisé OpenLayers à la place de Google Maps, mais on ne peut pas encore y tracer ces jolies lignes géodésiques qui ressemblent à des trajectoires d'avions. Tant pis pour cette fois :)

Random girls - 9

Samedi dernier,  à l'occasion d'Halloween, j'ai traîné mes guêtres noires à une grosse soirée metal (un peu) et gothique (beaucoup), organisée dans des espèces de vieilles caves.

Un peu d'ambiance musicale en rapport, les connaisseurs apprécieront :)

C'était plutôt marrant, même si j'ai toujours l'impression étrange que dans ce genre de trucs la plupart des gens se font secrètement chier. Peut-être qu'un jour il faudrait que je me débarrasse de cette couche de cynisme dont je recouvre presque tout... Bon, bref, j'ai pas dansé beaucoup, mais y'avait largement de quoi s'occuper les yeux et la mémoire :)

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Et sinon, les 5 jours prochains, je serai en Allemagne. Ich bin so glücklich ! :)

Vienne

B.O.

Pour Vienne bien sûr, il y a l'embarras du choix niveau musique d'ambiance... Alors plutôt que de me creuser la tête, voilà du beau et consensuel, qui correspond bien à l'atmosphère douce qu'il y avait là-bas en ce tout début septembre.


Johannes Brahms - Symphonie No.3, III.Poco Allegretto

Et oui je sais, Brahms était Allemand, mais ce morceau a été créé à Vienne, et puis bon un peu tous les musiciens de cette époque avait le plug-in Viennois auto-installé.

Allez, ce billet a trop longtemps traîné dans mes brouillons, je lui fais un sort. Et puis ça me fera du bien de me rappeler la chaleur et la quiétude d'esprit des 3 jours que j'ai passés là-bas.

Bon, de toute façon je vais faire un peu le flemmard, en me contentant d'un peu plus de photos et d'un peu moins de texte que mes billets précédents sur Prague, Bratislava et Budapest. Mais ce n'est pas qu'à cause de la paresse. J'ai juste l'impression que malgré tous mes efforts, je n'arriverais pas à retranscrire l'ambiance de la ville comme je l'ai ressentie. Vienne était ma dernière étape, et la ville que j'ai préférée. 2 heures après mon arrivée, j'avais déjà regretté de ne pas avoir interverti la durée de mon séjour avec celle plus longue passée Budapest, où le dernier jour avait été difficile.

Peut-être est-ce justement par contraste avec mon coup de déprime dans la capitale hongroise que j'ai tant apprécié l'autrichienne. Ou alors mon côté peu aventureux qui s'est exprimé, se sentant plus à l'aise dans une ville à l'atmosphère clairement d'Europe de l'Ouest, dans un pays dont je comprends quelques phrases (quand je fais un effort :P). Ou encore, c'est parce que je sentais la fin du séjour arriver, et avec elle l'urgence de profiter à fond des dernières heures à l'étranger. Oui, il y a peut-être tous ces facteurs personnels qui ont joué, en plus de la ville elle-même, pour me faire tant aimer les moments passés là-bas. En tout cas, c'est clairement pas grâce à mes rencontres : alors que j'avais été plutôt grégaire dans les autres villes, j'ai pas parlé à une seule personne à Vienne, en dehors des "hello / bye / danke schön, etc.". Mais après tout, une expérience s'apprécie avant tout à l'aune des sentiments qu'on a éprouvés, pas la peine d'en chercher les raisons pendant des heures... Et c'était simplement les jours les plus insouciants que j'avais passés (et que j'ai passés) depuis des mois, légèrement devant les meilleures heures de Prague.

La ville dégage à la fois une impression de calme, de grandeur, de modernité, de propreté et de dynamisme. On est entouré, dans le centre du moins, par des merveilles innombrables, mais rien ne parait écrasant. Le passé artistique monumental est évident partout, mais il se fond avec harmonie dans le moderne. C'est vraiment difficile à décrire... c'est comme si on pouvait croiser à tout moment Mozart ou Klimt dans le métro, en jeans, se rendant dans l'un des nombreux endroits underground genre Berlin, l'un trimballant une guitare électrique, l'autre des bombes de peinture :) Je trouve pas comment le dire autrement, j'ai trouvé ça alchimique. Et même, le reste de la ville, hors du centre, est super sympa. Alors ok on sent bien que c'est une ville riche, mais aussi les gens semblent vraiment cools et gentils. Bref, Vienne, faut y aller, sérieux !

Bon, j'arrête les descriptions fastidieuses, et je cite juste quelques-uns des petits plaisirs qui ont rempli ces 3 jours :

  • Visiter plein de musées. Ils sont vraiment super dans cette ville, je me suis jamais ennuyé et pourtant j'en ai fait quelques-uns. Souvent pas énormes, mais des collections super classes et présentées de façon moderne et agréable. Je sais maintenant que c'est comme ça que j'aime les musées. (Albertina : miam. Leopold : re-miam, surtout en sortant de l'exposition "Punk" du musée d'à côté, dans le génial Museumsquartier)
  • Manger un strudel accompagné d'un café viennois dans une superbe salle à la déco fin de siècle (l'avant-dernier :P), juste en face de la petite église baroque où le Requiem de Mozart a été joué pour la première fois.
  • Aller jusqu'au "château de Sissi", pour... faire le con avec les écureuils du parc. Le château et le parc pour le coup sont vraiment rasoirs, style un Versailles en plus petit, plus moche et plus ennuyeux (peut-être pas dedans mais je suis pas rentré). Mais ça fait un prétexte pour se balader un peu en dehors du centre et avoir une vue sympa sur la ville.
  • Aller admirer le bâtiment Secession. Même s'il était fermé le soir, c'est le premier truc que j'ai fait après m'être posé à l'auberge. J'y suis retourné le lendemain matin, sachant très bien ce que j'allais y trouver au sous-sol. La Frise Beethoven de Klimt, dans ses murs d'origine. Ca fait quelque chose... Comble du "je me la pète dans ma tête", l'apprécier avec la 9e symphonie sur les oreilles, choc artistique garanti ;) Après, c'était plutôt cool de voir que le reste du bâtiment continue à servir son but d'origine, à savoir exposer des artistes d'avant-garde. Sauf que j'ai vite déchanté en découvrant l'horreur d'expo qu'il y avait à ce moment-là... Ce qui fait forcément se poser des questions. Notamment "est-ce qu'il y a un siècle et quelque j'aurais eu la même réaction de rejet en voyant les travaux des premiers artistes de la Secession ?"...
  • Aller à l'opéra. Non je déconne, ça j'ai pas fait :(. J'imagine qu'il aurait fallu réserver un an à l'avance... Mais bon, tout l'été il y a des projections publiques d'opéras ou de ballets sur la place de l'hotel de ville, et ça j'ai fait. Plein de monde, ambiance sympa, entre stands de vins/saucisses et entrechats sur la Belle au Bois-Dormant de Tchaïkovsky. Mais pas de bol, le seul orage de mes vacances a eu lieu ce soir-là. Projection interrompue, grosse panique, trempé en 5 minutes ;)

Une petite dernière photo, spéciale pour Mitt. Même si je sais que sans y être allée elle est déjà amoureuse de la ville entière...

Bon, finalement j'en parlé autant que pour les autres villes :P

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Budapest

B.O.


Franz Liszt - Rhapsodie Hongroise No.6
Pas très loin à chercher cette fois-ci…

Mieux vaut tard que jamais, n’est-ce pas ? Voilà donc enfin mon (très gros) billet sur Budapest.

Commençons par le début. Arrivée en train depuis la petite Bratislava. Dès la gare, du genre Gare de l’Est, on sent que c’est un autre gabarit, un autre type de ville. On se retrouve sur une large et longue artère, l’atmosphère a cet odeur caractéristique des capitales en plein été, mélange surchauffé de plein de trucs dont on préfère ne rien savoir. En remontant la longue avenue vers le Danube pour me rendre à l’auberge, le premier truc qui m’a frappé c’est l’état de décrépitude voire de ruine de beaucoup de bâtiments. Le phénomène s’atténue un peu à mesure qu’on se rapproche du centre, pour laisser place à des immeubles impeccables et des palaces rutilants… tant qu’on reste sur les grosses artères. C’est assez frappant. Sinon, j’avais plutôt bien choisi l’auberge. En plein centre, à deux pas des rives du fleuve et de l’énorme Basilique Saint Etienne. D’ailleurs, assez crevé, je suis simplement resté dans le secteur pour ma première promenade le soir-même. Je suis rentré tôt pour trinquer à la Palinka un peu costaude distillée par la grand-mère de la fille qui tenait l’auberge.

Ma première grosse balade le lendemain m’a permis d’appréhender un peu mieux le feeling de la ville. Et de confirmer les premières impressions : pour résumer et faire plaisir à Mitt, “Budapest, terre de contrastes” ;). À commencer par les différences très marquées entre les deux parties de la ville. Sur Buda, la rive ouest, se dresse une colline avec son château et son quartier qui a gardé une ambiance baroque. À l’est, Pest, toute plate, est le véritable centre moderne, avec son quadrillage de boulevards inspirées de l’urbanisme haussmannien. Finalement, en plus de nombreux autres points communs purement subjectifs, la géographie de la ville est assez semblable à celle de Prague. La différence d’échelle en plus.

Ceci dit, il y a quelque chose de nettement plus “rude” à Budapest que dans la capitale tchèque… Les gens, déjà :P J’en ai rencontré des sympas, bien sûr. Mais de nombreux cerbères, dans des boutiques, des musées, ou tout simplement dans la rue, m’ont laissé une impression générale assez peu amène. Résultat, plus que jamais, mes pas ont été guidés par la nécessité de fuir mes semblables. Mais ça n’empêche pas de découvrir la ville, loin de là heureusement. C’est une ville assez fascinante, très complexe, avec énormément de choses magnifiques à voir.

Quelques-unes en vrac : le plus grand parlement d’Europe, un peu comme l’anglais mais avec une coupole genre cathédrale de Florence, y’a vraiment des architectes qui se lachent ; une autre gare signée Gustave Eiffel, où le Mc Do installé dedans donne l’impression anachronique de manger un hamburger à la Belle Epoque ; des restes plus ou moins bien digérés de la période soviétique ; une magnifique synagogue d’un jaune safran superbe sur le ciel bleu ; le plus vieux métro d’Europe, qu’on croirait presque laissé en l’état, tout brinquebalant ; l’équivalent local des Champs-Elysées, une avenue carrément démesurée (c’est un adjectif assez commun à Budapest) ; un improbable château de conte de fée, qui mêle allègrement 5 ou 6 styles architecturaux ; les habituels bâtiments Art Nouveau planqués un peu partout et devant lesquels j’ai copieusement bavé… et j’en passe. Et tout ça, c’est seulement pour la partie Pest.

 2008-10-23_budapest_synagogue.jpg 

J’avais gardé Buda pour un soir, pour le plaisir de me balader dans les ruelles au crépuscule. J’ai pas été déçu, ça vaut vraiment le coup. L’ambiance près du château était spéciale ce soir-là, d’une mélancolie un peu trop poignante. Je sais pas combien de temps je suis resté là-haut, assis sur une rambarde à regarder les ponts et les monuments de Pest s’illuminer, avec derrière un clarinettiste qui jouait des morceaux romantiques à la lueur d’un lampadaire blafard (oui, c’est cliché).

Non, je sais pas combien de temps, mais je n’aurais pas dû. Ça m’aurait évité de me taper l’une des plus grosses déprimes de ma vie… Pas juste le petit coup de blues. Non, le truc soudain et violent, complètement paralysant. D’un seul coup, le fait même d’être parti tout seul en vacances m’apparaissait comme la pire connerie de ma vie, et comme un symptôme d’échec, la conséquence d’une suite de mauvaises décisions récentes que je regrette. Sur le moment, ça a réduit à néant tous les bons moments que j’avais passés la semaine d’avant. Bien sûr, à Prague et Bratislava il y a eu des moments que j’aurais aimé partager avec des amis, mais j’avais aussi beaucoup profité du fait d’être tout seul, de n’avoir de comptes à rendre à personne. Ce soir-là à Buda, je ne savais simplement pas ce que je faisais là, à regarder tout seul comme un con la nuit tomber sur une ville remplie d’étrangers (question de point de vue). Je crevais d’envie de partager cela avec une personne chère, d’exprimer des trucs qui étaient remontés à force de trop cogiter, mais je ne pouvais pas. J’étais fatigué des “What’s your name ? Where are you from ?” superficiels qu’on passe son temps à répéter dans les auberges de jeunesse, je n’avais aucune envie de revoir la bande d’Américains en rut qui partageaient ma chambre, et encore moins d’aller me poser en anonyme dans un bar animé. C’était juste horrible, et malheureusement c’est mon souvenir le plus poignant de Budapest… J’ai erré quelques heures de plus jusqu’à être suffisamment claqué pour aller me coucher, en espérant que ce soit passé le lendemain. Mais non, c’était encore là… En fait, ça a gâché mes deux derniers jours là-bas, car à partir de ce moment je n’ai pas cessé d’attendre de partir de cette ville superbe que j’avais prise en grippe sans raison.

Deux moments ont quand même été cool sur ces deux jours. D’abord, la balade dans le cimetière (oui oui). Le cimetière de Budapest est carrément surréaliste. Énorme, mais… presque complètement vide. Dans certains secteurs, deux ou trois tombes oubliées se partagent une parcelle où 2000 tombes du Père Lachaise tiendraient facilement. C’est simple, dans ces vacances urbaines, c’est ce qui s’est rapproché le plus d’une ballade à la campagne ! En tout cas, j’en ai profité pour prendre plein de photos d’anges éplorés qui disparaissent sous le lierre. Rien de mieux pour combattre la déprime ! Enfin si, y’a les termes. Ca marche encore mieux. Deux heures à clapoter dans de l’eau qui vient directement des sources chaudes de la ville, sous le soleil, entouré par un bâtiment Art Nouveau décoré de mosaïques. J’ai pas fait la totale sauna/massage/etc. mais c’était déjà difficile de faire plus relaxant. En tout cas, j’étais content d’avoir gardé ça pour la fin du séjour… Mais encore plus content quand je suis monté dans le train pour Vienne :/

Bonus rigolo : Photo de la sonnette du “Central Backpack”, l’auberge de jeunesse “familiale” toute sympa où j’étais. La sonnette faisait un son pathétique de buzzer en fin de vie, mais j’ai surtout eu un peu peur en voyant le nom des voisins…

Album photo complet

Bratislava

B.O.

Pas de musicien célèbre à Bratislava. Liszt s’y est baladé souvent, mais je le garde pour Budapest. Alors, comme le Danube y coule beau et bleu, qu’il y a mieux pour Vienne et que vous avez déjà eu droit à la Moldau…

Johann Strauss - Le beau Danube bleu

(Enfin la suite…) Bon, j’avoue, j’étais pas super heureux de quitter Prague. D’une part, en 5 jours, j’avais eu le temps d’y trouver mes marques, et je m’y plaisais bien. D’autre part, beaucoup de personnes à l’auberge qui étaient passées par Bratislava m’avaient dit que c’était petit, moche et chiant (en gros). Mais comme mon planning de réservations était déjà tout fait, j’avais pas le choix. Un peu le moral dans les baskets, j’ai donc dit bye bye à Prague et aux gens que j’avais rencontrés, et j’ai pris le train pour la capitale de la Slovaquie. Ma dernière impression de Prague (une gare un peu glauque), les jolis paysages traversés par le train, et l’excitation de l’inconnu ont arrangé mon humeur, malgré un train bondé et en retard.

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C’est donc finalement pas si déprimé que ça que je suis arrivé à Bratislava, pour découvrir, sous un soleil radieux, une ville en fait très sympa. Certes, pour une capitale, ce n’est pas très grand. Ça, on le ressent dès qu’on sort de la gare et qu’on marche un peu. Tout est vivant, actif, mais l’atmosphère a un je ne sais quoi de moins grouillant qu’une très grande ville. Et puis, il y avait le contraste avec Prague. Là au moins, la ville ne sombrait pas sous des hordes de touristes. 20080912_bratislava_sewer_guy.jpgÇa avait quelque chose de reposant, de rassurant même, de voir enfin “des vraies gens qui vivent pour de vrai” dans leur ville. Des Slovaques qui sortent du boulot, prennent le tram, font leurs courses ou promènent leur chien, des enfants qui jouent seuls dans les parcs… Bref, j’aimais bien l’ambiance.

Bon, faut dire aussi que je suis principalement resté dans le vieux centre. Un noeud de rues piétonnes toutes belles, toutes propres, bordées de maisons baroques qu’on devine récemment rénovées, reliant quelques jolies places avec des fontaines. On a beau faire, “charmant” est le premier mot qui vient à l’esprit… avec le package complet de sous-entendus un peu railleurs. Un Anglais que j’ai rencontré là-bas (c’est plein d’Anglais et d’Italiens qui viennent, dixit, “boire et baiser pas cher” :S …) parlait de “ville Barbie”. Un peu exagéré quand même. C’est moins rose. 20080912_bratislava_blue_church.jpgEt les filles sont dix fois plus jolies que Barbie ;) Et puis même, comme à Prague, c’est pas très dur de sortir des coins les plus fréquentés, voir autre chose. Rien que dans la vieille ville, tourner au coin d’une église, se persuader qu’on peut se perdre dans des ruelles aux maisons en ruine, suivre le son d’une flûte qui joue Greensleeves… et se retrouver pour la troisième fois de la soirée sur la même place ! Bon, loupé ;)

Sinon, on peut aussi s’en éloigner carrément, de cette vieille ville. Au pif, et tomber sur des trésors cachés, comme des beaux parcs, ou cette superbe église Art nouveau, aussi bleue que le ciel. Sinon, grimper jusqu’au monument militaire ou au chateau, et avoir une vue globale sur les environs, les montagnes au loin et, plus près, de l’autre côté du Danube que traverse un pont OVNI, l’autre Bratislava : un gigantesque complexe de HLM, qui contraste violemment avec les vieux quartiers mais qu’on devine en pleine “mutation post-soviétique”…

Bon, je me rends compte que j’arrive vraiment pas à parler correctement de cette ville. Alors ok, je n’y suis resté que deux jours. À moins d’en sortir pour aller voir tous les trucs qu’il y a autour, ça paraît même suffisant. Et puis, ca a peut-être été “écrasé” entre mes séjours à Prague et Budapest. Mais personnellement, j’ai vécu ça comme une petite pause parfaite entre les deux…

Bonus rigolo : au détour d’une ruelle, j’ai éprouvé d’un seul coup une impression de déjà vu comme je n’en avais jamais ressentie. Et pour cause, après 2 minutes de torture mentale, je me suis rendu compte que j’étais exactement devant une photo que je connaissais. C’est une photo en HDR que j’aime bien, sur Deviant Art, et je ne savais absolument pas qu’elle avait été prise là-bas. De mémoire j’ai tenté de prendre le même point de vue, et c’est pas trop mal réussi, même si j’aurais dû virer le 16/9e :

20080912_Medieval_Feeling_by_Obumbrata.jpg20080912_bratislava_medieval_feeling.jpg

Album photo complet (qui rend pas du tout justice à la ville)

Prague

B.O.

Agrémentons un peu la lecture avec un truc auquel on peut difficilement échapper là-bas…

Smetana - The Moldau
Sinon pour Prague, Dvorák ça marche très bien aussi, et en plus c’est mieux.

5 jours à Prague pour commencer. J’aurais pu difficilement faire mieux. Arrivé le soir et ayant un peu cafouillé pour trouver l’auberge de jeunesse, j’ai remis la découverte de la ville au lendemain matin. À 9 heures, c’était parti pour une première balade, et une tombée sous le charme quasi instantanée. Evidemment, car il faudrait être bien difficile pour ne pas aimer cette ville. Bien trop de belles choses à décrire, trop de variété pour en faire un résumé digne de ce nom. D’un côté de la Vltava/Moldau, les immeubles Art nouveau, notamment dans le quartier juif, font lever la tête, mêlant leurs extravagances aux survivances d’autres styles. Autour de l’énorme et impressionnante place centrale, vers laquelle les pas semblent toujours mener, certaines rues ont gardé une organisation quasi-médiévale, un peu labyrinthique, qui cache tout un tas de petites places et cours intérieures. Sur l’autre rive, à Malá Strana, le baroque règne en maître. Les toîts de tuiles, desquels émergent quantité de clochers, tapissent la colline qui monte jusqu’au chateau et à l’imposante cathédrale… Hum, ça doit vraiment être lourd d’écrire des guides touristiques !

Bon bref, donc, Prague, c’est superbe. Tout à fait à la hauteur de sa réputation d’une des plus belles villes d’Europe. La conséquence, c’est que c’est littéralement submergé de touristes. Prague en elle-même est relativement grande, mais les “curiosités” sont concentrées, comme dans la plupart des villes, dans un secteur historique. Le nombre de visiteurs y est tellement important que sur les parties les plus fréquentées on a cette impression un peu gênante de ville musée, où personne ne semble réellement vivre. Et puis qui dit touristes dit aussi pièges à touristes, sollicitations en tout genre, etc. C’est là que j’ai découvert un des intérêts principaux de voyager seul : suffit de troquer un sac à dos trop révélateur contre un sac en bandoulière, et t’as presque l’air d’un local ;)

Ceci dit, le touriste moyen a un avantage certain : il est prévisible, et donc évitable. Alors bien sûr, il faut faire les trucs “obligés”, qui le sont rarement pour rien. Mais, même sans quitter les coins les plus jolis, on s’éloigne avec une facilité déconcertante du flux principal, et ça serait bête de ne pas en profiter. Rien que pour respirer, et s’imprégner enfin d’une vraie ambiance du lieu, nonchalante  et romantique. Personnellement, j’ai eu plus de plaisir à flâner au hasard des rues ou des parcs, notamment du côté de Malá Strana, ou à m’échapper dans le sud de la ville jusqu’au petit cimetierre de Vysherad (où sont enterrés plein de gens célèbres, et où les cloches de l’église sonnent le thème de la Moldau. Je vous ai dit qu’on pouvait pas y échapper…) qu’à visiter les sites les plus réputés. Parmi ceux-ci, plein d’églises et de palais bien sûr, mais aussi l’hotel de ville et son horloge astronomique qui valent vraiment le détour, et le vieux cimetierre juif avec ses tombes superposées, qui doit vraiment prendre toute sa mesure à la tombée de la nuit.

Bien entendu je me suis aussi fait un petit festival d’Art nouveau, avec traque des bâtiments les plus classes, visite de la maison municipale avec une salle excellente entièrement décorée par Mucha, et visite du musée un peu foutage de gueule consacré à ce dernier. Mais bon, au moins maintenant je sais de source sûre que ça se prononce [Mouka].

Pour finir, une mention spéciale pour l’auberge de jeunesse dans laquelle j’étais, sur un conseil très avisé. C’est l’Hostel Elf, et je ne peux que vous le recommander à mon tour si vous prévoyez d’aller faire un tour là-bas un jour. Il a largement contribué au plaisir que j’ai eu à passer 5 jours dans cette ville. Un peu excentré, situé juste sous une voie de chemin de fer (et du Comic Sans MS partout :P), il fait un peu peur au début, mais toutes ces craintes s’envolent très très vite. J’ai rarement vu un endroit aussi convivial et propice à rencontrer des gens, et d’ailleurs c’est là que j’ai fait les rencontres les plus nombreuses et les plus sympas de mon voyage. Notamment, sur les deux derniers jours, une Allemande avec qui j’ai passé deux si bonnes soirées à boire et discuter que j’en ai oublié d’aller faire des photos de la ville de nuit :P . Tant pis, faudra que j’y retourne !

Bonus rigolo : la moitié des feux pour piéton à Prague durent à peine 5 secondes. À croire que les mémés tchèques sont toutes d’anciennes sprinteuses… ou sont déjà toutes mortes.

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Opeth - Watershed

Je vais faire un peu honneur à l'origine du titre de ce blog, en parlant de Watershed, le nouvel album d'Opeth.

Il y a quelque chose d'assez paradoxal avec Opeth. Il sont considérés comme un groupe de metal hautement progressif, du genre salutaire qui fait allègrement sauter tous les classements un peu bornés, mais finalement ils n'ont pas progressé tant que ça au fil des années. Dès leurs premiers albums, ils se sont retrouvés projetés au top d'une espèce de niche qu'ils avaient eux-mêmes créée à travers leur style personnel. Depuis, ils ont amélioré leur son, leur technique, leurs textes, la subtilité de leurs compositions, mais ont conservé la même orientation musicale qu'au départ. Cet entrelacement unique de heavy/death avec toutes sortes d'influences atypiques dans le metal, du rock psychédélique aux mélodies orientales, en passant par le jazz.

Personnellement, ça ne me gêne pas qu'un groupe n'apporte pas de modification draconienne à sa démarche, quand il évolue déjà à un tel niveau d'excellence, qui plus est à 100 bornes d'une quelconque vision commerciale. Et pour Opeth, je vois déjà comme une prise de risque suffisante le fait de composer des morceaux aussi complexes et aussi longs qui sonnent toujours aussi bien. Mais certains estiment que ce n'est pas suffisant, et qu'ils ne font qu'appliquer sans fin la même formule depuis plus de 10 ans. Ceux-là risquent d'apprécier Watershed, qui est probablement leur album le plus tordu à ce jour.

Première surprise avec le premier morceau, Coil, une courte balade à la guitare soutenue par de très légères nappes de clavier, et surtout... qu'entend-on ? mais oui, c'est du chant féminin ! Si je ne me trompe pas, c'est la première fois qu'on entend ça chez Opeth. Façon inhabituelle de commencer un album, et qui fait penser qu'on est devant quelque chose de vraiment nouveau.

Avec la deuxième chanson, Heir apparent, on revient en terrain familier, assez brutalement même, en témoigne le petit frisson qui veut dire "Qu'est-ce que c'est bon de les entendre à nouveau !". C'est peut-être la chanson la plus violente de l'album, sans même aucun passage en voix claire. Malgré tout, on y retrouve l'ambivalence chère au groupe, à travers l'intercalage de passages accoustiques et une superbe mélodie en mid-tempo qui clôture la chanson.

La suivante, Lotus Eater, est peut-être la plus complexe de l'album et l'une de mes préférées. Après une intro fredonnée qui déroute comme Coil déroute sur tout l'album, ça part dans les tous sens avec une pêche énorme, des riffs qui poutrent et même un inhabituel blast beat que le groupe avait soit-disant banni. Le tout se calme vers le milieu pour un long passage atmosphérique qui mue en un passage au son funk des plus originaux, avant de reprendre sur les thèmes pêchus du début. La toute fin est plus dispensable.

Le ton se calme ensuite avec Burden. ballade façon vieux rock aux accents blues, bien triste comme il se doit. Après un long solo langoureux mais pas kitsch, cette chanson se termine par un drôle de passage : des jolis arpèges à la sèche qui deviennent volontairement faux au fur et à mesure, comme si les cordes de la guitare étaient progressivement détendues. Évidemment, c'est complètement dissonant. J'avoue que j'ai eu beaucoup de mal avec ça au début, et on a le droit de trouver que c'est juste une ficelle à la con. Mais finalement, après plusieurs écoutes, ça me parle, et je trouve que ça va très bien avec ce que dégage le morceau.

Le morceau suivant, Porcelain Heart, est celui qui me fait le plus penser à Ghost Reveries, l'album précédent que j'aime beaucoup. Je sais pas à quoi c'est dû. Ca doit être les changements d'ambiances très marqués, ou les arrangements vocaux par dessus. Contrairement à Heir Apparent, il n'y a ici que des voix claires.

Suit Hessian Peel, la seule chanson de l'album à dépasser les dix minutes. Cette chanson m'agace un peu. Elle est excellente, mais elle met en jeu tellement de styles différents qu'elle ne cesse de me rappeler d'autres trucs, sur lesquels je n'arrive jamais à vraiment mettre le doigt. Encore une chanson très contrastée, qui passe par une longue intro acoustique, soutenue sur la fin par une rythmique tordue, avant une entrée de guitares électriques sublimes, un break calme au piano, pour enchaîner sur une deuxième moitié qui ressemble beaucoup aux passages les plus énergiques de Blackwater Park.

Et ça finit par Hex Omega, le morceau que je trouvais le plus transparent du lot lors de mes premières écoutes. Peut-être parce que sa structure est plutôt basique par rapport au précédent, alternant les passages doux et les gross riffs bien gras. Mais le tout est clairement dominé par une atmosphère plutôt planante, accentuée par un rythme très lent et encore une absence totale de voix grunt.

Ca devrait terminer plutôt bien l'album, et pourtant j'ai toujours l'impression étrange de rester un peu sur ma faim, ou d'avoir loupé un truc sur l'ensemble. Résultat j'ai envie de le réécouter. Et c'est comme ça que je l'apprécie de plus en plus. Car il est plutôt exigeant, même pour du Opeth. Pour revenir à mon sujet de départ, ici ils ont pris des risques. Et plus que dans le dyptique Deliverance/Damnation, qui relevait finalement de l'expérience d'automutilation peu concluante. Il y a dans Watershed une variété encore plus grande que d'habitude, des choses qu'ils intègrent pour la première fois, un éloignement encore accentué de leurs origines black/death et une emphase mise sur les ambiances plutôt que seulement sur la perfection technique des compositions. Ce qui n'en fait pas une écoute facile, mais je pense que ça vaut vraiment le coup.

Conclusion, si vous aimez déjà Opeth, achetez Watershed sans hésiter, mais attendez-vous à batailler pendant cinq ou six écoutes jusqu'à en découvrir la richesse. Et si vous ne connaissez pas ce groupe, allez vite réparer cette grossière erreur en commençant plutôt par Blackwater Park ou Still Life.

"A magic that a name would stain"

C'est une phrase d'une chanson de Dark Tranquillity. Toute bête peut-être, sortie de son contexte nébuleux... mais elle m'a toujours évoqué des choses extrêmement fortes. C'est une belle façon de décrire sans vraiment le faire une expérience trop pure ou trop complexe pour y attacher la lourdeur des mots.

Vous savez... un moment, une rencontre, une époque de la vie... Un ensemble de sentiments qui, pour une raison souvent inconnue, se sont imposés à nous, et nous ont fait toucher quelque chose de "magique", de supérieur, d'exaltant, qui nous marquera à jamais. On crève d'envie de partager ça avec ses amis, de leur expliquer cette magie. Mais ce n'est pas possible... C'est une expérience trop personnelle, on ne peut s'en remettre qu'à leur empathie et leur confiance. Car les mots n'existent simplement pas.

C'est une de ces expériences qui m'a fait commencer ça :


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"Entre trip-hop psychédélique et metal progressif..."

... dixit le programme de la Cigale, pour tenter de définir Porcupine Tree qui passait dans cette salle hier soir. À défaut d'une meilleure description de ma part, vous devrez vous contentez de celle-ci :P

Ce groupe a déjà de la bouteille, mais je l'ai découvert il y a seulement quelques années, encore tout étourdi de ma rencontre avec Opeth. Steven Wilson, "mastermind" de Porcupine Tree, est un grand fan de leur musique, et a collaboré à plusieurs de leurs albums. En retour, il s'est énormément inspiré de leur approche pour durcir un peu le ton de son côté, ajoutant cette influence au magma de ses autres expérimentations... La musique de Porcupine Tree est impossible à décrire simplement, mais je vous conseille d'y jeter une oreille si vous en avez l'occasion. Notamment si vous faites partie de ces gens (ne niez pas, il y en a plein ;) ) qui sont capables d'apprécier le metal un peu "cérébral", mais qui grincent des dents dès que le chanteur commence à grogner/brailler/hurler/beugler...

Petit exemple :

Bref, Porcupine Tree, c'est bon, mangez-en !

Ouais, mais pas en concert...

Parce que sur scène, ils ne sont pas à la hauteur de leur musique. La salle était cool, le public motivé, la playlist assez bien foutue, le son parfait, et pourtant, on est restés sur notre faim... Car tout ça était désespérément figé, réglé comme du papier à musique. Les mecs sont des pros, mais ils sont tellement minutés qu'ils peuvent se permettre de projeter des espèces de clips (parfois un peu cheaps mais souvent flippants, sur la rayonnante jeunesse anglaise...) pendant la moitié des morceaux, sans qu'on note une seconde de décalage avec la musique. Alors certes, leur style passe super bien en concert, et certains passages étaient particulièrement jouissifs. Mais en gros, tu prends des faux bruits de public, deux trois spots qui clignotent, l'odeur du pétard du mec de derrière, tu mets un CD du groupe sur une grosse chaîne, et c'est pareil. Je pense que cet aspect est complètement volontaire, dans l'état d'esprit d'un groupe qui ne laisse rien au hasard sur ses compos. Mais quand même, c'est un peu dommage. On peut aimer la sobriété et ne pas vouloir tomber dans l'exhibitionnisme technique à outrance. De là à bannir toute l'imprévisibilité qui fait le sel de certains concerts...

Finalement, et malgré un nom à deux balles, on se sera plus amusé sur Pure Reason Revolution, le groupe de première partie. Leur musique me parle un peu moins que PT, mais une chanteuse/guitariste/claviériste qui saute partout, en concert c'est quand même plus sympa qu'un lunetteux chétif et figé au charisme zéro. Fut-il une espèce de dieu vivant du rock expérimental...