Patterns in the Ivy

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Budapest

B.O.


Franz Liszt - Rhapsodie Hongroise No.6
Pas très loin à chercher cette fois-ci…

Mieux vaut tard que jamais, n’est-ce pas ? Voilà donc enfin mon (très gros) billet sur Budapest.

Commençons par le début. Arrivée en train depuis la petite Bratislava. Dès la gare, du genre Gare de l’Est, on sent que c’est un autre gabarit, un autre type de ville. On se retrouve sur une large et longue artère, l’atmosphère a cet odeur caractéristique des capitales en plein été, mélange surchauffé de plein de trucs dont on préfère ne rien savoir. En remontant la longue avenue vers le Danube pour me rendre à l’auberge, le premier truc qui m’a frappé c’est l’état de décrépitude voire de ruine de beaucoup de bâtiments. Le phénomène s’atténue un peu à mesure qu’on se rapproche du centre, pour laisser place à des immeubles impeccables et des palaces rutilants… tant qu’on reste sur les grosses artères. C’est assez frappant. Sinon, j’avais plutôt bien choisi l’auberge. En plein centre, à deux pas des rives du fleuve et de l’énorme Basilique Saint Etienne. D’ailleurs, assez crevé, je suis simplement resté dans le secteur pour ma première promenade le soir-même. Je suis rentré tôt pour trinquer à la Palinka un peu costaude distillée par la grand-mère de la fille qui tenait l’auberge.

Ma première grosse balade le lendemain m’a permis d’appréhender un peu mieux le feeling de la ville. Et de confirmer les premières impressions : pour résumer et faire plaisir à Mitt, “Budapest, terre de contrastes” ;). À commencer par les différences très marquées entre les deux parties de la ville. Sur Buda, la rive ouest, se dresse une colline avec son château et son quartier qui a gardé une ambiance baroque. À l’est, Pest, toute plate, est le véritable centre moderne, avec son quadrillage de boulevards inspirées de l’urbanisme haussmannien. Finalement, en plus de nombreux autres points communs purement subjectifs, la géographie de la ville est assez semblable à celle de Prague. La différence d’échelle en plus.

Ceci dit, il y a quelque chose de nettement plus “rude” à Budapest que dans la capitale tchèque… Les gens, déjà :P J’en ai rencontré des sympas, bien sûr. Mais de nombreux cerbères, dans des boutiques, des musées, ou tout simplement dans la rue, m’ont laissé une impression générale assez peu amène. Résultat, plus que jamais, mes pas ont été guidés par la nécessité de fuir mes semblables. Mais ça n’empêche pas de découvrir la ville, loin de là heureusement. C’est une ville assez fascinante, très complexe, avec énormément de choses magnifiques à voir.

Quelques-unes en vrac : le plus grand parlement d’Europe, un peu comme l’anglais mais avec une coupole genre cathédrale de Florence, y’a vraiment des architectes qui se lachent ; une autre gare signée Gustave Eiffel, où le Mc Do installé dedans donne l’impression anachronique de manger un hamburger à la Belle Epoque ; des restes plus ou moins bien digérés de la période soviétique ; une magnifique synagogue d’un jaune safran superbe sur le ciel bleu ; le plus vieux métro d’Europe, qu’on croirait presque laissé en l’état, tout brinquebalant ; l’équivalent local des Champs-Elysées, une avenue carrément démesurée (c’est un adjectif assez commun à Budapest) ; un improbable château de conte de fée, qui mêle allègrement 5 ou 6 styles architecturaux ; les habituels bâtiments Art Nouveau planqués un peu partout et devant lesquels j’ai copieusement bavé… et j’en passe. Et tout ça, c’est seulement pour la partie Pest.

 2008-10-23_budapest_synagogue.jpg 

J’avais gardé Buda pour un soir, pour le plaisir de me balader dans les ruelles au crépuscule. J’ai pas été déçu, ça vaut vraiment le coup. L’ambiance près du château était spéciale ce soir-là, d’une mélancolie un peu trop poignante. Je sais pas combien de temps je suis resté là-haut, assis sur une rambarde à regarder les ponts et les monuments de Pest s’illuminer, avec derrière un clarinettiste qui jouait des morceaux romantiques à la lueur d’un lampadaire blafard (oui, c’est cliché).

Non, je sais pas combien de temps, mais je n’aurais pas dû. Ça m’aurait évité de me taper l’une des plus grosses déprimes de ma vie… Pas juste le petit coup de blues. Non, le truc soudain et violent, complètement paralysant. D’un seul coup, le fait même d’être parti tout seul en vacances m’apparaissait comme la pire connerie de ma vie, et comme un symptôme d’échec, la conséquence d’une suite de mauvaises décisions récentes que je regrette. Sur le moment, ça a réduit à néant tous les bons moments que j’avais passés la semaine d’avant. Bien sûr, à Prague et Bratislava il y a eu des moments que j’aurais aimé partager avec des amis, mais j’avais aussi beaucoup profité du fait d’être tout seul, de n’avoir de comptes à rendre à personne. Ce soir-là à Buda, je ne savais simplement pas ce que je faisais là, à regarder tout seul comme un con la nuit tomber sur une ville remplie d’étrangers (question de point de vue). Je crevais d’envie de partager cela avec une personne chère, d’exprimer des trucs qui étaient remontés à force de trop cogiter, mais je ne pouvais pas. J’étais fatigué des “What’s your name ? Where are you from ?” superficiels qu’on passe son temps à répéter dans les auberges de jeunesse, je n’avais aucune envie de revoir la bande d’Américains en rut qui partageaient ma chambre, et encore moins d’aller me poser en anonyme dans un bar animé. C’était juste horrible, et malheureusement c’est mon souvenir le plus poignant de Budapest… J’ai erré quelques heures de plus jusqu’à être suffisamment claqué pour aller me coucher, en espérant que ce soit passé le lendemain. Mais non, c’était encore là… En fait, ça a gâché mes deux derniers jours là-bas, car à partir de ce moment je n’ai pas cessé d’attendre de partir de cette ville superbe que j’avais prise en grippe sans raison.

Deux moments ont quand même été cool sur ces deux jours. D’abord, la balade dans le cimetière (oui oui). Le cimetière de Budapest est carrément surréaliste. Énorme, mais… presque complètement vide. Dans certains secteurs, deux ou trois tombes oubliées se partagent une parcelle où 2000 tombes du Père Lachaise tiendraient facilement. C’est simple, dans ces vacances urbaines, c’est ce qui s’est rapproché le plus d’une ballade à la campagne ! En tout cas, j’en ai profité pour prendre plein de photos d’anges éplorés qui disparaissent sous le lierre. Rien de mieux pour combattre la déprime ! Enfin si, y’a les termes. Ca marche encore mieux. Deux heures à clapoter dans de l’eau qui vient directement des sources chaudes de la ville, sous le soleil, entouré par un bâtiment Art Nouveau décoré de mosaïques. J’ai pas fait la totale sauna/massage/etc. mais c’était déjà difficile de faire plus relaxant. En tout cas, j’étais content d’avoir gardé ça pour la fin du séjour… Mais encore plus content quand je suis monté dans le train pour Vienne :/

Bonus rigolo : Photo de la sonnette du “Central Backpack”, l’auberge de jeunesse “familiale” toute sympa où j’étais. La sonnette faisait un son pathétique de buzzer en fin de vie, mais j’ai surtout eu un peu peur en voyant le nom des voisins…

Album photo complet

Bratislava

B.O.

Pas de musicien célèbre à Bratislava. Liszt s’y est baladé souvent, mais je le garde pour Budapest. Alors, comme le Danube y coule beau et bleu, qu’il y a mieux pour Vienne et que vous avez déjà eu droit à la Moldau…

Johann Strauss - Le beau Danube bleu

(Enfin la suite…) Bon, j’avoue, j’étais pas super heureux de quitter Prague. D’une part, en 5 jours, j’avais eu le temps d’y trouver mes marques, et je m’y plaisais bien. D’autre part, beaucoup de personnes à l’auberge qui étaient passées par Bratislava m’avaient dit que c’était petit, moche et chiant (en gros). Mais comme mon planning de réservations était déjà tout fait, j’avais pas le choix. Un peu le moral dans les baskets, j’ai donc dit bye bye à Prague et aux gens que j’avais rencontrés, et j’ai pris le train pour la capitale de la Slovaquie. Ma dernière impression de Prague (une gare un peu glauque), les jolis paysages traversés par le train, et l’excitation de l’inconnu ont arrangé mon humeur, malgré un train bondé et en retard.

20080912_bratislava_gay.jpg

C’est donc finalement pas si déprimé que ça que je suis arrivé à Bratislava, pour découvrir, sous un soleil radieux, une ville en fait très sympa. Certes, pour une capitale, ce n’est pas très grand. Ça, on le ressent dès qu’on sort de la gare et qu’on marche un peu. Tout est vivant, actif, mais l’atmosphère a un je ne sais quoi de moins grouillant qu’une très grande ville. Et puis, il y avait le contraste avec Prague. Là au moins, la ville ne sombrait pas sous des hordes de touristes. 20080912_bratislava_sewer_guy.jpgÇa avait quelque chose de reposant, de rassurant même, de voir enfin “des vraies gens qui vivent pour de vrai” dans leur ville. Des Slovaques qui sortent du boulot, prennent le tram, font leurs courses ou promènent leur chien, des enfants qui jouent seuls dans les parcs… Bref, j’aimais bien l’ambiance.

Bon, faut dire aussi que je suis principalement resté dans le vieux centre. Un noeud de rues piétonnes toutes belles, toutes propres, bordées de maisons baroques qu’on devine récemment rénovées, reliant quelques jolies places avec des fontaines. On a beau faire, “charmant” est le premier mot qui vient à l’esprit… avec le package complet de sous-entendus un peu railleurs. Un Anglais que j’ai rencontré là-bas (c’est plein d’Anglais et d’Italiens qui viennent, dixit, “boire et baiser pas cher” :S …) parlait de “ville Barbie”. Un peu exagéré quand même. C’est moins rose. 20080912_bratislava_blue_church.jpgEt les filles sont dix fois plus jolies que Barbie ;) Et puis même, comme à Prague, c’est pas très dur de sortir des coins les plus fréquentés, voir autre chose. Rien que dans la vieille ville, tourner au coin d’une église, se persuader qu’on peut se perdre dans des ruelles aux maisons en ruine, suivre le son d’une flûte qui joue Greensleeves… et se retrouver pour la troisième fois de la soirée sur la même place ! Bon, loupé ;)

Sinon, on peut aussi s’en éloigner carrément, de cette vieille ville. Au pif, et tomber sur des trésors cachés, comme des beaux parcs, ou cette superbe église Art nouveau, aussi bleue que le ciel. Sinon, grimper jusqu’au monument militaire ou au chateau, et avoir une vue globale sur les environs, les montagnes au loin et, plus près, de l’autre côté du Danube que traverse un pont OVNI, l’autre Bratislava : un gigantesque complexe de HLM, qui contraste violemment avec les vieux quartiers mais qu’on devine en pleine “mutation post-soviétique”…

Bon, je me rends compte que j’arrive vraiment pas à parler correctement de cette ville. Alors ok, je n’y suis resté que deux jours. À moins d’en sortir pour aller voir tous les trucs qu’il y a autour, ça paraît même suffisant. Et puis, ca a peut-être été “écrasé” entre mes séjours à Prague et Budapest. Mais personnellement, j’ai vécu ça comme une petite pause parfaite entre les deux…

Bonus rigolo : au détour d’une ruelle, j’ai éprouvé d’un seul coup une impression de déjà vu comme je n’en avais jamais ressentie. Et pour cause, après 2 minutes de torture mentale, je me suis rendu compte que j’étais exactement devant une photo que je connaissais. C’est une photo en HDR que j’aime bien, sur Deviant Art, et je ne savais absolument pas qu’elle avait été prise là-bas. De mémoire j’ai tenté de prendre le même point de vue, et c’est pas trop mal réussi, même si j’aurais dû virer le 16/9e :

20080912_Medieval_Feeling_by_Obumbrata.jpg20080912_bratislava_medieval_feeling.jpg

Album photo complet (qui rend pas du tout justice à la ville)

Griffonages pragois

Décidément, je suis toujours aussi lent pour pondre un billet digne de ce nom. Alors, en attendant Bratislava, voilà le fameux pont Charles de Prague et un couple d’Allemands qui jouait aux échecs à l’hôtel, très vaguement saisi “sur le vif” (et tout crasseux parce que mon carnet a pris cher et que les pages ont frotté l’une contre l’autre…)

Prague

B.O.

Agrémentons un peu la lecture avec un truc auquel on peut difficilement échapper là-bas…

Smetana - The Moldau
Sinon pour Prague, Dvorák ça marche très bien aussi, et en plus c’est mieux.

5 jours à Prague pour commencer. J’aurais pu difficilement faire mieux. Arrivé le soir et ayant un peu cafouillé pour trouver l’auberge de jeunesse, j’ai remis la découverte de la ville au lendemain matin. À 9 heures, c’était parti pour une première balade, et une tombée sous le charme quasi instantanée. Evidemment, car il faudrait être bien difficile pour ne pas aimer cette ville. Bien trop de belles choses à décrire, trop de variété pour en faire un résumé digne de ce nom. D’un côté de la Vltava/Moldau, les immeubles Art nouveau, notamment dans le quartier juif, font lever la tête, mêlant leurs extravagances aux survivances d’autres styles. Autour de l’énorme et impressionnante place centrale, vers laquelle les pas semblent toujours mener, certaines rues ont gardé une organisation quasi-médiévale, un peu labyrinthique, qui cache tout un tas de petites places et cours intérieures. Sur l’autre rive, à Malá Strana, le baroque règne en maître. Les toîts de tuiles, desquels émergent quantité de clochers, tapissent la colline qui monte jusqu’au chateau et à l’imposante cathédrale… Hum, ça doit vraiment être lourd d’écrire des guides touristiques !

Bon bref, donc, Prague, c’est superbe. Tout à fait à la hauteur de sa réputation d’une des plus belles villes d’Europe. La conséquence, c’est que c’est littéralement submergé de touristes. Prague en elle-même est relativement grande, mais les “curiosités” sont concentrées, comme dans la plupart des villes, dans un secteur historique. Le nombre de visiteurs y est tellement important que sur les parties les plus fréquentées on a cette impression un peu gênante de ville musée, où personne ne semble réellement vivre. Et puis qui dit touristes dit aussi pièges à touristes, sollicitations en tout genre, etc. C’est là que j’ai découvert un des intérêts principaux de voyager seul : suffit de troquer un sac à dos trop révélateur contre un sac en bandoulière, et t’as presque l’air d’un local ;)

Ceci dit, le touriste moyen a un avantage certain : il est prévisible, et donc évitable. Alors bien sûr, il faut faire les trucs “obligés”, qui le sont rarement pour rien. Mais, même sans quitter les coins les plus jolis, on s’éloigne avec une facilité déconcertante du flux principal, et ça serait bête de ne pas en profiter. Rien que pour respirer, et s’imprégner enfin d’une vraie ambiance du lieu, nonchalante  et romantique. Personnellement, j’ai eu plus de plaisir à flâner au hasard des rues ou des parcs, notamment du côté de Malá Strana, ou à m’échapper dans le sud de la ville jusqu’au petit cimetierre de Vysherad (où sont enterrés plein de gens célèbres, et où les cloches de l’église sonnent le thème de la Moldau. Je vous ai dit qu’on pouvait pas y échapper…) qu’à visiter les sites les plus réputés. Parmi ceux-ci, plein d’églises et de palais bien sûr, mais aussi l’hotel de ville et son horloge astronomique qui valent vraiment le détour, et le vieux cimetierre juif avec ses tombes superposées, qui doit vraiment prendre toute sa mesure à la tombée de la nuit.

Bien entendu je me suis aussi fait un petit festival d’Art nouveau, avec traque des bâtiments les plus classes, visite de la maison municipale avec une salle excellente entièrement décorée par Mucha, et visite du musée un peu foutage de gueule consacré à ce dernier. Mais bon, au moins maintenant je sais de source sûre que ça se prononce [Mouka].

Pour finir, une mention spéciale pour l’auberge de jeunesse dans laquelle j’étais, sur un conseil très avisé. C’est l’Hostel Elf, et je ne peux que vous le recommander à mon tour si vous prévoyez d’aller faire un tour là-bas un jour. Il a largement contribué au plaisir que j’ai eu à passer 5 jours dans cette ville. Un peu excentré, situé juste sous une voie de chemin de fer (et du Comic Sans MS partout :P), il fait un peu peur au début, mais toutes ces craintes s’envolent très très vite. J’ai rarement vu un endroit aussi convivial et propice à rencontrer des gens, et d’ailleurs c’est là que j’ai fait les rencontres les plus nombreuses et les plus sympas de mon voyage. Notamment, sur les deux derniers jours, une Allemande avec qui j’ai passé deux si bonnes soirées à boire et discuter que j’en ai oublié d’aller faire des photos de la ville de nuit :P . Tant pis, faudra que j’y retourne !

Bonus rigolo : la moitié des feux pour piéton à Prague durent à peine 5 secondes. À croire que les mémés tchèques sont toutes d’anciennes sprinteuses… ou sont déjà toutes mortes.

Album photo complet

De retour

Ouf ! Posant enfin à l’instant mon gros sac par terre et mes fesses sur ma chaise, me voilà de retour. Avec une paire de chaussure en moins, deux ou trois ampoules, quelques centaines de photos à trier, mais surtout des beaux souvenirs et, cerise sur le gateau, la motivation pour en parler.

D’ailleurs, ça risque de faire un bout et en plus je suis fatigué, alors je ne vais pas tout mettre ici là maintenant, mais consacrer dans les prochains jours un billet détaillé à chacune des villes que j’ai visitées, dans l’ordre donc Prague, Bratislava, Budapest et Vienne.

Plug-ins de sac

(et zut, le Baiser est de travers…)

Enfin, tout ça ne m’empêche pas de faire ici en vrac quelques remarques d’ordre général :

  • C’était excellent ! Bah oui, quand même ;)
  • À part avant-hier soir où je me suis pris un orage (évidemment, alors que j’étais sur la place de l’hotel de ville de Vienne où sont projetés des concerts tout l’été), je n’ai eu qu’un temps superbe. Eh ben, pouvoir découvrir une ville en marchant dans les rues au soleil, boire en terrasse ou se poser n’importe quand dans un beau parc pour comater, ça fait un méchant biais positif sur l’appréciation d’un endroit.
  • Je suis plus ou moins réconcilié avec l’architecture baroque, dans le bon contexte ça peut même être joli.
  • Guerre et Paix, c’est Grand. Faut le lire. Sérieux. Quitte à vous forcer.
  • Dans les quatre villes que j’ai vues, dans quatre pays différents donc, j’ai remarqué qu’il y avait des caméras de surveillance partout dans les rues. C’est peut-être un détail, mais ça m’a frappé. Ils ont pas l’air d’avoir trop d’états d’âme à ce niveau-là…
  • C’est rigolo de manier des monnaies différentes de temps en temps, mais quand elles ont un taux de conversion à la 1 truc = 0,015 €, tu te retrouves avec des liasses de billets complètement extravagants et finalement t’as que dalle.
  • Ça fait du bien de parler anglais pendant deux semaines (j’ai même tenté un peu d’allemand à Vienne), mais je suis toujours aussi peu spontané, c’est une horreur.
  • Décidément, j’aime la beauté slave. Enfin si tant est qu’on puisse définir cela. Ce sourire et ces yeux lumineux…
  • J’en reparlerai plus en détails, mais voyager seul, c’est… étrange. Ça a plein de bons côtés qu’on imagine pas au début, en plus de tous les mauvais dont on se doutait mais qui font quand même mal quand ils surviennent. Ce qui est sûr, c’est que je réfléchirai avec attention avant de le refaire.
  • Tout à l’heure à l’aéroport de Vienne, je me disais que j’étais heureux d’être parti en vacances, heureux de mon séjour et heureux aussi de rentrer. Arrivé à Paris, finalement, j’étais pas si heureux d’être rentré…

Voilà. La suite, la vraie, enfin le début quoi, avec photos à l’appui, dans un prochain billet probablement intitulé “Prague” (wahou !).

Ah, et j’ai un peu dessiné pendant ce voyage, alors y’aura peut-être aussi des billets qui en sortiront…

Planning savoureux

Bon, vue mon activité habituelle ici, vous n’auriez pas remarqué la différence, mais je vous le dis quand même. Demain je pars en vacances pour 2 semaines, pour un tour express de quatre capitales de l’Europe centrale : dans l’ordre Prague, Bratislava, Budapest et Vienne. J’aurais aimé m’organiser un truc avec des amis cet été, mais ça s’est mal goupillé, alors j’ai décidé un peu à l’arrache de faire ça tout seul.

Ce sera donc quinze jours de vacances tout seul comme un grand (un mec qui veut se la jouer étudiant bohème, comme disent les mauvaises langues :P ). Pour le plaisir d’aller me perdre et flâner dans des villes inconnues. Pour entendre des langues qui sonnent jolies même si je les comprends pas. Pour m’en mettre plein les yeux avec les joyaux du baroque et de l’Art nouveau. Pour remplir avec du neuf un peu du vide que je ressens depuis quelques mois.

Ma nature stressée appréhende un peu la solitude ou l’ennui, mais je suis certain qu’une fois que j’y serai je n’y penserai plus. Et après tout, c’est peut-être le meilleur moyen de rencontrer des gens. Et au pire, j’aurai toujours mon appareil photo, mon carnet de dessin et la deuxième moitié de Guerre et Paix pour me tenir compagnie.

À bientôt donc, en espérant que je m’arrache pas trop les cheveux pour raconter correctement mon périple :)

Fjord Fiesta

Mise-à-jour du 20 septembre 2007 : Voilà, comme prévu, Anna a mis également en ligne une belle sélection de ses photos. Et comme prévu aussi, ça claque méchamment, et on voit beaucoup plus de choses différentes que sur les miennes. Pas moyen de ne pas tomber amoureux de la Norvège après avoir vu ça ;)

Bon, d'abord, pardonnez-moi ce jeu de mots débiles. Désolé, j'ai vraiment pas pu m'en empêcher :P


Ensuite, voilà, c'est la réponse à la "devinette", que de toute façon vous connaissiez déjà ou que vous aviez tous trouvée : j'étais en vacances en Norvège pour 10 jours. À Bergen précisément, "la Porte des Fjords" comme ils disent sur les brochures. Bergen la pluvieuse, là où les bébés naissent un parapluie à la main. Oui, ça doit faire mal, mais les accoucheurs Norvégiens sont forts. Déjà, ailleurs dans le pays, paraît qu'ils naissent avec des skis au pied, mais surtout, à l'époque des Vikings, les bébés sortaient du ventre de leur mère avec un casque à cornes et une hache à deux mains, alors franchement, les parapluies...

Hum, bref :P ... J'étais là-bas convié par Anna et Greg, deux personnes à la coolitude fortement développée. Des amis très récents mais que j'ai appris à connaître encore plus pendant ce séjour. Et je ne les remercierai jamais assez de m'avoir donné cette occasion de faire enfin quelques chose de mes vacances :).

Nichée au fond d'une crique, protégée de la mer du Nord par un rideau d'îles et de presque-îles, entourées de fjords et de montagnes, Bergen est une ville assez surprenante. Deuxième ville du pays, mais vraiment petite par rapport à chez nous (à peine 250000 habitants). D'un point de vue architectural, ça ne fait pas vieux du tout. Bon, c'est pas le Havre, mais il ne reste pas grand chose de la ville ancienne qui a brûlé de nombreuses fois. De toute façon, à part une visite rapide de Bryggen, le quartier du port reconstruit à la mode XVe siècle, ce n'est pas franchement là que réside l'intérêt de la ville. Pas plus que dans les autres "attractions touristiques" et magasins de souvenir (sauf si vous aimez les casques de Viking en plastique et les figurines de troll made in china).

Cabane

Chouette cabane en bois avec de l'herbe sur le toît, une spécialité locale, sur le chemin du glacier de Briksdal (surexposé dans le fond :p).

Par contre, en se baladant un peu au hasard et en sortant des trucs imposés, on tombe sur des coins vraiment sympas, vraiment dépaysants. Notamment des petits quartiers résidentiels tout propres (comme partout ailleurs) où la vie paraît bien cool, faits d'allées labyrinthiques qui se faufilent entre des petites maisons en bois et des squares publics entretenus par les habitants eux-mêmes. Ailleurs, on a l'impression d'être au beau milieu du vieux San Francisco, avec ses façades en bois colorées qui se succèdent sur des pentes escarpées. Et juste derrière ces maisons, à 10 minutes à pied du plein centre ville et du niveau de la mer, c'est déjà la montagne qui commence, avec ses sentiers entrecoupés de ruisseaux. C'est autre choses que les Buttes-Chaumont !

De tout façon, il y a l'embarras du choix pour trouver une balade sympa autour de Bergen. Méthode infaillible : regarder une carte des environs, trouver un endroit qui a l'air à peu près vierge de routes et d'habitations, faire 10 minutes de bus (le réseau de bus est très bien foutu à Bergen et dans la Norvège en général), et zou, c'est parti, on se retrouve perdu en pleine nature ! Sinon, dans un des bosquets qui entourent la ville, on trouve la stavkirke de Fantoft. Brûlée en 1992 par des abrutis (une page peu glorieuse de l'histoire du black metal...), elle a été reconstruite à l'identique. Ok, elle manque de la patine de l'ancien, mais elle est quand même sacrément belle et, n'en déplaise au Guide du Routard, je trouve que c'est une visite plus sympa que Troldhaugen, l'ancienne maison d'Edvard Grieg reconvertie en musée plutôt naze sur la vie du compositeur (qu'on retrouve à tous les coins de rue à Bergen). Le lieu est super classe, mais c'est à vous dégoûter de Peer Gynt et du Concerto pour piano... Bref, pour revenir à l'église, même si elle n'est pas "authentique", c'est déjà une occasion d'en voir une belle, avant pourquoi pas de partir à la chasse aux autres qui se cachent un peu partout dans la région des fjords.

Le Geirangerfjord

Vue plongeante sur le Geirangerfjord.

Oui, voilà, les fjords, on y vient ;). Parce que c'était tout de même la partie la plus frappante du séjour, notre virée au plus profond des fjords, au volant d'une voiture de location (non, c'était pas une Ford Fiesta :P ). Je suis habituellement quelqu'un d'assez blasé, mais je dois dire que les fjords de Norvège, même avec le battage touristique fait autour, ça n'a rien de surfait : c'est franchement magnifique. Les passages en bateau sont à faire, évidemment. Pour les eaux sombres que pas une vague n'agite, pour le sentiment écrasant de deux parois parfois à pic, pour les cascades vertigineuses qui rugissent de toute part, pour les sommets enneigés et les glaciers qui apparaissent au loin, pour découvrir des villages accessibles seulement par bateau... ou pour avoir le chance d'apercevoir des phoques. Mais ça vaut le coup aussi de parcourir la région par la route, en sortant des voies principales. C'est en tout cas mon meilleur souvenir. Déjà, la conduite est fun, car la route droite et plane semble être un concept étranger en Norvège ;) Mais surtout, on roule absolument seuls dans des décors de folie, parfois carrément lunaires, et à chaque boucle de la route, à chaque col franchi, un nouveau panorama à couper le souffle succède au précédent. Et là, le temps nuageux est une bénédiction ! Rien ne vaut de gros nuages gris qui se déchirent sur les sapins et un simple pinceau de soleil qui vient faire scintiller une cascade !

lac

Ciel de malade sur le lac d'Odda.

Pendant ce petit séjour dans le séjour, on a dormi dans des hytter, des espèces de mini-châlets pas chers dans les campings. Un truc vraiment sympa. Surtout que les campings là-bas, c'est pas Palavas-les-Flots avec vue sur la paillote de la plage ! Sinon, on a vu une autre stavkirke (moins belle que Fantoft mais entourée d'un joli cimetière), loupé la plus belle de toutes à cause d'horaires de ferry à la con (c'est frustrant de rester bloqué sur l'autre rive du fjord, avec 3 km à vol d'oiseau, mais 150km si tu fais le tour !). On est aussi allé voir le glacier de Jostedal, un monstre qui relègue notre Mer de Glace au rang de plaque de givre dans un congélateur mal réglé. Et je pourrais continuer à raconter tout en détail, mais va bien falloir que je m'arrête :P

Bon, et les Norvégien(ne)s dans tout ça ? Oui, y'a plein de jolies blondes, normal :P. Sinon c'est vrai, dans l'ensemble ils sont assez froids de premier abord. Mais bon, rien de quoi déstabiliser quelqu'un qui pratique la mauvaise humeur parisienne. Et la glace est vite brisée, surtout dans les villes les plus isolées. Là même où on se dit qu'ils doivent bien se faire chier parfois, surtout en hiver... À Bergen ils ont l'air d'avoir un style de vie bien sympa, pas prise de tête. Ils affichent une espèce de décontraction dans le style vestimentaire qui fait du bien à voir. Là-bas, il flotte et il fait froid, alors les gens s'habillent en trucs imperméables et pratiques, et ensuite seulement ils essayent de rendre ça vaguement classe... enfin, quand ils ont le temps. Par exemple, la Bergenoise (?) branchée arrive à avoir du style en bottes à caoutchouc et jupe courte, et les ados en survet' se baladent avec un gros parapluie sous le bras. C'est fun ;)

Parmi les choses moins fun, y'a les prix de... euh... tout en fait, leurs heures de fermeture un peu prématurées (beaucoup de magasins ferment à 17h !) et leurs bières nazes (personnellement je penche pour de la Kro achetée par barils à bas prix, coupée à l'eau, et mise en bouteille sous un autre nom). Et en parlant d'alcool, je me demande encore comment classer l'expérience de notre dernier soir là-bas : constater de visu l'ivresse généralisée du samedi soir. Quelque part entre l'amusant et le traumatisant j'imagine ;)

Anna

Anna en balade près de Bergen.

Si ça vous intéresse, vous pouvez voir l'album photo complet. Et tout ça n'est rien comparé aux photos qui dorment dans l'appareil d'Anna, qui a mitraillé tout le séjour mais qui ne peut pas encore partager ses oeuvres faute de connexion internet. J'espère les avoir dans pas longtemps.

Balade en Dordogne

Etang

Chemin

Lunaire

Etang de la Jemaye, Dordogne, 30 avril 2007.

Quelques petites photos de ma semaine dernière, passée avec des amis dans le Périgord. Elles n'ont rien d'exceptionnel, mais faut pas m'en vouloir. Maintenant que je suis parisien, la moindre mare m'épate :) . Et puis c'était mes premières vacances reposantes depuis 2 ans, et aussi la première fois depuis des mois que je sortais mon appareil photo. Et surtout, je n'ai pas reproduit l'erreur d'il y a deux ans en revenant du même endroit : effacer tout comme un boulet... Alors voilà, cette fois-ci j'immortalise, comme on dit.

Mais bon, c'est toujours pareil. Je suis plein de motivation au début, je pense à prendre mon appareil et je mitraille à tout va. Mais au bout de deux trois jours je l'oublie, ou bien je me lasse à force de pas réussir les photos que je veux, et je passe à autre chose. C'est pour ça qu'ici il n'y a des photos que d'une seule balade.

Ah non... Il y a ça aussi, pris dans la maison où on était qui regorge de trucs du genre :

Cimetière de poupées

Classique, mais toujours aussi flippant !

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