Patterns in the Ivy

Grand-duc

Ça manque vraiment beaucoup trop de vie sauvage à Paris, alors…

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Pochoir de 60 cm de haut environ. Et un peu de Posca orange pour les yeux.

La photo ci-dessus vient du même mur que le dernier survivant de mon pochoir de cosmonaute. D'après un gardien cool croisé pendant la séance de peinture nocturne, ce dernier est régulièrement pris en photo par des passants, ce qui me réjouit au plus haut point.

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Frustration spatiale

Spatial frustration

Adaptation en pochoir d'un dessin de l'année dernière, ou plutôt de son concept, un des trucs dont je suis plutôt fier.

Si vous me suivez sur Twitter, vous l'aviez peut-être déjà vu passer il y a un moment, mais il a attendu quelques mois sur le pas de tir avant de sortir de chez moi. Il fait un peu plus d'un mètre de haut. C'est beaucoup plus que les deux précédents, et dans mon appart' ça me paraissait énorme, mais c'est fou ce que ça fait petit sur un mur.

Mahler vs. Malher

Mahler vs. Malher
Image originale : Portrait de Gustav Mahler, par Josef Székely

La rue est nommée en 1849 "rue du Sous-Lieutenant Malher", en souvenir d'un obscur officier du 18e léger, tué le 24 juin 1848 en réprimant l'insurrection populaire pendant les Journées de Juin (on ne connaît pas son prénom ni sa date de naissance ; son existence est peu documentée). Certains s'étonnent de la publicité donnée à ce militaire inconnu et controversé alors qu'aucune rue parisienne n'honore le nom du compositeur Gustav Mahler.

Source : Entrée "Rue Malher" sur Wikipedia

Dr Sketchy Anti Art School

Hier soir avait lieu un événement fort bien venu pour me donner un coup de motivation pour mettre à jour ce blog (que je vais finir par appeler un monthlog) : une séance de Dr. Sketchy. Pour faire vite, ce sont des séances de poses de modèles féminins, qui se veulent pas prise de tête, et qui ont lieu à peu près tous les mois dans un bar original, avec un thème rétro, souvent type pin-up ou burlesque, et une ambiance qui va avec.

J'en ai entendu parler il y a quelque temps via Abie1, et je m'étais juré de ne pas louper la prochaine séance. Et comme pour rendre celle-ci encore plus immanquable à mes yeux, le thème était "Art Nouveau" ! Que rêver de mieux pour ma première expérience de modèles vivants ? (les gens dessinés "clandestinement" c'est différent.) À moi donc les vestales indolentes vêtues de robes diaphanes et parées de fleurs et bijoux extravagants \o/. Et c'était exactement ça :)

Ca avait lieu dans un bar huppé du 5e arrondissement, faussement décadent et authentiquement hors de prix, mais convenant bien au thème. L'endroit était blindé de monde et rapidement surchauffé, mais l'ambiance était très sympa et j'ai eu la chance de trouver une place relativement confortable au début. Il y avait quatre modèles différentes, qui alternaient entre les deux salles. Ca dure deux heures, divisées en poses de plus en plus longues, de quelques minutes au début à une vingtaine à la fin.

À part quelques ratages, je trouve que je m'en suis pas trop mal tiré sur les poses courtes. Peut-être que l'habitude de dessiner beaucoup de mémoire a aidé.

Mais évidemment sur les poses longues on peut faire des choses encore plus sympa :)

Bon, j'ai toujours mes mauvaises habitudes de manquer de spontanéité, de faire du trait au lieu de quelque chose de plus global, et de négliger les ombres, mais je suis vraiment content du résultat. À part quelques grandes claques en zyeutant les productions de certains voisins très doués, j'avais même pas à rougir de mes croquis :)

Et dans l'ensemble, j'ai vraiment adoré. J'avoue que pour une toute première expérience de modèle je savais pas trop à quoi m'attendre. C'était également une des premières fois que je dessinais "en public", avec constamment plein de monde susceptible de regarder par dessus mon épaule, ce dont j'ai horreur habituellement. Mais non, aucun souci, j'ai vraiment été heureux de me sentir si à l'aise ! Vivement la prochaine !

En bonus, un lien vers le post bien sympa de Joslin, un autre participant, plutôt adepte du stylo.

1 : Le "via Abie" devient de plus en plus en commun... mais c'est décidément une personne pleine de ressources ! Grâce à la non mois formidable Nacara et elle nous avons mardi dernier passé une excellente et arrosée soirée/nuit à 4 en compagnie de Boulet ! Oui oui, "LE" Boulet :)

Vive les quartiers modernes !

Bon, ces jours-ci ce n’est plus qu’un souvenir, mais le week-end dernier il faisait un temps superbe à Paris. Une lumière comme seul l’automne en offre, le matin une légère fraîcheur juste parfaite pour se réveiller, qui s’est effacée lentement pour laisser place à la douce chaleur du soleil… J’avais une bonne raison pour me lever tôt samedi et déambuler aux quatre coins de la ville une bonne partie de la journée, alors j’en ai bien profité. Et quand la foule a commencé à envahir les rues du centre, mes pas m’ont mené tous seuls dans des endroits plus reculés que j’aime bien, comme s’ils cherchaient eux-mêmes à ajouter une petite pointe de mélancolie à cette atmosphère.

C’est ainsi que je me suis retrouvé dans le quartier de la Bibliothèque François Mitterrand, le long des voies d’Austerlitz. Comme souvent, c’était calme, vide, quasi lunaire. Certains diraient froid, un mix foiré de bureaux modernes et de logements réhabilités… Moi j’aime. Dans quel autre secteur de Paris peut-on se sentir si loin de… Paris ?, pour citer cet article sur lequel je suis tombé hier. C’est exactement ça. Et même sans aller chercher les squats et autres lieux plus ou moins underground, la comparaison avec Berlin est assez juste aussi. Comme une espèce d’harmonie réellement urbaine, loin de l’habituel passéisme faussement romantique… (C’est marrant, Olivier parle aujourd’hui d’un sujet semblable, dans un billet sur les projets de nouvelles tours dans Paris)

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Enfin bref, samedi, j’étais bien. Une bonne soirée m’attendait, et pourtant je n’avais aucune envie que cette journée décline. Plus tard je me suis rendu compte que j’avais comme redécouvert Paris ce jour-ci, et que j’avais eu autant de plaisir à le faire qu’à passer des jours entiers à errer seul dans Vienne ou Budapest cet été. Tiens, à ce propos, j’étais pas censé finir d’écrire un post moi ?…

Ça tire

Un griffonage rapide d'une statue que j'aime bien, près de l'étang du parc Montsouris, à Paris.

Satyre de Montsouris

Oui bon, j'avoue, j'aime bien les trucs de pervers comme ça. Voilà, vous êtes contents ? :P Non mais sinon, hormis la composition très classique, je trouve cette statue plutôt plus sympa que bien d'autres qui traitent du même sujet. L'air fripon de la bergère y est sûrement pour quelque chose, mais surtout, je ne me lasse pas de regarder les mains des deux personnages. Celles du satyre, qui caresse les cheveux de la demoiselle avec fascination, semblent même avoir une douceur quasi-féminine. Sauf que là ça se voit pas parce que j'ai tout foiré :P.

Pour la soeur et la belle-soeur

Hier soir dans le métro, j'étais assis en face d'une jeune femme métisse très jolie. Habillée classe et très posée dans ses mouvements. Au bout d'un moment, elle a sorti un bouquin assez épais et apparemment tout neuf de son sac. J'aime bien regarder ce que les gens lisent dans le métro, alors j'ai cherché à voir le titre. C'était les Frères Karamazov. Je l'ai un peu enviée de découvrir ce livre pour la première fois. Mais j'étais content pour elle. Je lui ai souri quand elle a levé les yeux, et puis elle a commencé sa lecture.

Elle a d'abord parcouru avec attention la liste des protagonistes, qu'apparemment le Livre de Poche rajoute aux livres russes pour faciliter la lecture (vue la complexité des noms russes, c'est pas une mauvaise idée). Puis, sautant la préface de l'auteur, elle s'est plongée dans le premier chapitre, l'histoire de Fiodor Pavlovitch. Et là, au bout de quinze secondes, elle a commencé à rire.

Elle riait toute seule, plusieurs fois par page, un rire sincère et qu'elle étouffait un peu mais pas trop. De temps en temps elle faisait une pause pour relever la tête, comme s'il fallait qu'elle s'arrête pour profiter pleinement du passage qu'elle venait de lire. Quand elle croisait mon regard à nouveau, je continuais à lui sourire. Et elle reprenait sa lecture, et pouffait encore. Je ne sais pas pourquoi, je ne m'en lassais pas de l'entendre rire ainsi, ça me faisait un bien fou. Ça a été une véritable torture de descendre du métro quelques stations plus loin.

Assise à côté d'elle, une autre femme lisait un roman Harlequin apparemment gratiné, et avait l'air de se faire grave chier.

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