Le Cavalier Hédoniste
mercredi 15 mars 2006 à 22:12 | Jeux de rôle
Adieu Mornarran, feu Psiarkanyde. Adieu Faërandin le Sphynx, Glidell la Naïade, Faliel l'Ange, Suffraks le Selenim. Adieu intrigues occultes, mythes antédiluviens, combats épiques et transcendances magiques. Adieu à cette improbable galerie de personnages anachroniques et de situations aux échos familiers, érigée en scène d'une richesse inouïe, animée avec passion. Vous allez me manquer...
J'ai longtemps hésité à écrire ce billet, bien conscient qu'il n'intéresserait pas grand monde. Mais après tout, ça ne serait pas la première fois, n'est-ce pas ? Et puis, à l'instar d'autres personnes qui l'ont déjà joliment fait, et même avec ma maladresse habituelle, j'avais envie de dire merci, et de parler un peu de ces bons moments maintenant envolés.
Samedi dernier, d'un commun accord, un ultime clou a été planté à regret dans le cercueil d'une campagne de jeu de rôle. Une campagne Nephilim, commencée il y a plus de 2 ans. Des mois potentiels de jeu supplémentaire, résumés et conclus en une seule après-midi... Un gros sentiment de frustration, bien entendu, malgré la satisfaction de l'achèvement. Mais mieux valait cela que de se bercer d'illusions, de penser que nous pourrions faire avancer régulièrement cette campagne monumentale, maintenant que nous sommes écartelés entre Rouen et Paris.
Il fallait la finir. Elle le méritait.
Ne serait-ce que pour connaître la fin de cette histoire, comme on veut absolument connaître la fin d'un bon livre. Incarner une dernière fois ces personnages, qui avaient dépassé depuis longtemps le statut de simples feuilles couvertes de symboles ésotériques et tachées de cidre. Et pourtant, je ne suis vraiment pas le genre à perdre la tête pour un perso de jeu de rôle. Heureusement d'ailleurs, vu qu'une fois de plus j'ai battu haut-la-main le record du nombre de persos envoyés au casse-pipe
(Mais la mort est un concept un peu spécial à Nephilim...)
Je ne suis pas non plus un joueur facile. Je le sais. Constamment râleur, griffonant sur ses feuilles au lieu d'écouter, oublieux des règles et des séances précédentes, inapte à faire du bon roleplay, casseur d'ambiances car incapable de résister à l'envie de sortir un "bon" mot au pire moment... Je donne l'impression de ne jamais m'amuser, mais c'est faux, terriblement faux. Alors merci à mes compagnons de jeu, et surtout à notre meneur, pour ne pas m'en avoir tenu rigueur. Claude, tu sais bien ce que j'en pense, mais merci aussi pour ce travail, cet investissement, cet enthousiasme. Réussir à créer chez des joueurs un attachement si fort pour un univers aussi complexe, c'est une prouesse. Ton talent as eu raison de ses aspects indigestes et outrageusement "space", qui peuvent le faire tomber si facilement dans le grand-guignolesque hermétique. Merci pour ta patience, ton sens de la mesure et ton plaisir communicatif, qui ont su transformer ce jeu en vraie passion. Au point que je m'y investisse à un autre niveau.
Comment décrire ces ambiances si particulières, ces innombrables fous-rires, ces tensions, ces musiques que je ne pourrai plus jamais dissocier de nos aventures en Bretagne ? Parfois même de purs moments de grâce, où l'émotion, vraie, réelle, tangible, surgissait de notre seule imagination... Je suis peut-être un peu naïf. Je considère le jeu de rôle, quand il est bien fait, comme la forme de jeu la plus riche qui soit (alors que bon...). Cette campagne y est pour beaucoup. Et pourtant, il ne fallait pas chercher bien loin les ingrédients de cette alchimie réussie. Juste quelques amis qui se retrouvent le vendredi soir pour parler et s'amuser. Quelque chose de tellement universel.
Alors bien sûr, la fin de cette campagne ne change rien, rien du tout à cela. Il n'empêche. C'est comme la fin d'une époque. Une époque qui a recouvert à la fois la période la plus optimiste et la plus sombre de ma vie. Je ne peux pas m'empêcher d'y penser. Le Jeu, c'était une de nos passions partagées. Un de nos petits grains de folie. Une fuite. Un oubli. Et quelque temps l'un des ciments dérisoires d'une vie qui partait un peu en friche.
Peut-être jouerai-je encore. Un peu... Aujourd'hui, j'ai une immense lassitude. L'impression que je ne pourrai plus jamais apprécier ceci de la même manière.
Merci encore.
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. En tout cas, je me suis tout de suite dit que ça ferait un excellent scénario pour 
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