En ce moment, les jours se suivent et se ressemblent tous un peu. Je passe mes heures diurnes au boulot à louvoyer entre les consternantes tensions de fin d'année, et mes soirées 1°) à mettre des feuilles de croquis à la poubelle, ou bien 2°) à me faire mal aux pieds à force d'arpenter sans but les rues de Paris, pestant contre la batterie moribonde de mon lecteur MP3 qui m'oblige à penser plus que je ne voudrais. Bref, je tourne en rond, au propre comme au figuré... Peut-être que je suis inexplicablement victime de cette espèce de déprime qui est pour certains le pendant des fêtes de fin d'année ? Mais ce qui est sûr, c'est que malgré tous mes efforts, je suis complètement incapable en ce moment de trouver les moyens de m'amuser, ce qui inclut notamment dessiner quoi que ce soit de léger (Kerdekel, je t'assure, j'essaye d'honorer ma promesse
)
Tout ça est une bonne raison pour parler d'autre chose. Musique par exemple... Et non, je vais même pas vous emmerder avec des groupes norvégiens aux logos illisibles. Je vais même vous parler "grande" musique. D'ailleurs, j'ai changé le nom de la catégorie "Metal", en un "Musique" moins sectaire. Reflet un peu tardif d'habitudes audiophiles en mutation...
Vous avez sûrement vu ou entendu ces derniers jours, qu'une fondation dédiée à Mozart avait mis en ligne, à l'occasion des 250 ans de sa naissance, l'intégralité des partitions de ses oeuvres. Numérisés en pdf, téléchargeables gratuitement, et c'est par ici. C'est la première fois qu'on en propose autant et à ces conditions, c'est pourquoi on en parle beaucoup. Mais de toute façon, les sites de partitions gratuites sont très peu nombreux, et souvent limités en utilisation ou de qualité très moyenne. Dans les bons, il y a la base de données de l'école de musique de Grand et Petit-Couronne, ou l'annuaire Free Scores. En tout cas chapeau bas à ce genre d'initiative. Car c'est un boulot monstre, et pour les musiciens, vu le prix des partitions dans le commerce, c'est inestimable.
Bon, et pour ceux qui (comme moi, à mon grand dam) sont incapables de tirer une note juste d'un violon ou d'une clarinette, mais qui aiment écouter ceux qui savent, il y a quoi ?
Apparemment, les éditeurs classiques commencent seulement à s'essayer timidement à la vente en ligne. Timidement, peut-être parce que la plupart des maisons de disque pop/rock & co. ont déjà réalisé que c'est loin d'être la panacée... Personnellement je passe vite mon chemin sur ce genre de chose. Je suis peut-être complètement has been, mais je suis toujours un fan du bon vieux CD. Et en classique plus que jamais. Attention, j'écoute principalement de la musique sur mon lecteur MP3, mais la galette argentée accompagnée de son livret m'attend quasiment toujours à la maison. Oui, on peut dire que c'est juste une histoire de possession matérielle. Et puis les DRM et autres saletés, très peu pour moi (de toute façon, même Bill Gates reconnaît que ça pue).
Le salut peut-il venir du gratuit, comme pour les partitions ? Mouais... On se doute tout de suite que ça va être dur. Mais foin de ce défaitisme ! Car en cherchant un peu, on peut quand même trouver des choses intéressantes.
Premièrement, direction Wikipedia. La plupart des pages dédiées aux compositeurs ou aux oeuvres proposent des liens vers des fichiers musicaux au format OGG. On y trouve beaucoup d'extraits, quand l'enregistrement est protégé, mais également un certain nombre de morceaux ou d'oeuvres en entier (Exemple sur la page anglaise consacrée à Vivaldi. Et hop ! À moi les Quatre Saisons
). Le problème est que tout ça est éparpillé et qu'il faut beaucoup se balader entre les pages pour trouver (ou non) son bonheur. Un petit truc : souvent la page anglaise est beaucoup mieux achalandée que son homologue française (comparez avec Vivaldi)... mais pas toujours. Théoriquement, tous ces fichiers sont centralisés et organisés sur un autre wiki dédié aux medias, Wikimedia Commons. Mais personnellement j'arrive pas à m'y retrouver. La section fichiers musicaux ne liste qu'une infime partie de ce qui est disponible à partir de Wikipedia. Dommage que ce soit un bazar pareil... Mais après tout j'ai pas à me plaindre. Je connais le principe, je peux très bien contribuer à améliorer la qualité de l'ensemble.
Sinon, on peut tomber par chance ou par hasard sur des projets comme The Concert, un podcast un peu irrégulier qui retransmet des concerts de grande qualité. Faut se coltiner le blabla d'intro dans chaque fichier, mais rien n'empêche de le faire sauter. Sur le même site, également une petite archive d'autres fichiers. Et il y a probablement plein d'autres sites comme celui-ci.
Un bon moyen de les trouver, c'est Classic Cat. Ne vous fiez pas à son aspect très "Web 1.0" et à son organisation bordélique, ce site est une vraie mine. Il s'agit comme son nom l'indique d'un catalogue de musique classique, qui a surtout le bon goût de référencer pour chaque compositeur un maximum de liens vers des versions complètes et gratuitement téléchargeables des morceaux. Le nombre de liens total est impressionnant, et en rebondissant de sites en sites on se retrouve rapidement à trier plus de fichiers qu'on ne peut en écouter. Alors bien sûr, entre les échantillons gratuits sur des sites de vente en ligne, les solistes qui font leur promo, les conservatoires ou les formations musicales diverses qui présentent leurs travaux, on trouve de tout, sous toutes les formes possibles (MP3, OGG, WMA, etc.), et dans un peu toutes les qualités d'interprétation. Dans la plupart des cas, ne vous attendez pas au philarmonique de Vienne en DTS 5.1... Mais la qualité moyenne est très bonne, et c'est toujours largement suffisant pour se faire une idée d'une oeuvre. Personnellement, j'y vois surtout un bon moyen d'y découvrir du nouveau et de décider quel prochain CD viendra grossir ma plus si petite discothèque classique.
Pour finir ce long billet musical, qui j'espère vous servira peut-être, encore toutes mes félicitations à Sarah qui a récemment rejoint l'orchestre Lamoureux pour y exercer ses talents d'altiste. À ton premier concert !